<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>wazo - gedeon</title> <description>personnages</description> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/gedeon/</link> <lastBuildDate>Thu, 28 Aug 2008 04:15:24 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/03/12/reliquat.html</guid> <title>reliquat</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/03/12/reliquat.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Wed, 12 Mar 2008 20:55:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Oscar n'avait pas reparu. Cependant au bout de quelques semaines, Gertrud avait reçu les premières pages de ce qui devint ensuite une abondande et délétère correspondance. Si l'accès aux lettres d'Oscar lui était totalement interdit, Philomène n'en percevait pas moins l'influence qu'elles étendaient sur le comportement de la jeune femme. Oubliés les longues après-midi, les incidents de parcours, le vieux bouc _car tel était son titre désormais_ se délectait en imaginant les abîmes dans lesquelles sa prose jetait Gertrud.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tout se mêlait dans les propos de moins en moins cohérents qu'elle tenait à son réveil, à l'heure du repas, ou le soir. Tout se mêlait et revenait sans cesse. Toujours les mêmes histoires, Amilcar, le bébé... Et le temps perdait son sens si bien que Gédéon endossait à la fois toutes les responsabilités. Il n'était plus question pour la vieille de le faire accepter par sa mère, mais bien plutôt de le protéger de sa malveillance. Entre les hurlements de l'enfant et les cris, les injures, les crachats de Gertrud, Philomène n'eut bientôt plus la solution que de courber l'échine, d'avancer en regardant ses pieds. Son visage devenait froid, derrière ce mur tout se racornissait, se recroquevillait dans l'attente de jours meilleurs. Tout dans la demeure était triste et un peu monstrueux ; lorsque le soleil frappait aux carreaux on tirait les volets. Devant sa psyché on surprenait parfois Gertrud en train de lire une de ces lettres tout en posant pour un public absent sous la lumière artificielle qu'elle affectionnait. Là, enfin, tout se figeait dans l'attente imprécise d'un évènement grandiose. &amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/03/08/a.html</guid> <title>appréhension</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/03/08/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sat,  8 Mar 2008 21:55:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La lampe de la cuisine jetait sa lumière blafarde sur une petite table rectangulaire aux pieds de métal. Le revêtement de formica bleuâtre sur lequel reposait le bol de Céline lui évoquait vaguement les ciels de ces mois où l'hiver regimbe contre la chaleur qui le pousse. De son chocolat au lait&amp;nbsp; s'échappait un reste de vapeur; sur la table en face, Christine touillait son café dans un tintamarre qui horripilait la jeune fille. Elle soupira:&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;— Il t'a dit où il allait Papa?&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Sa mère lui jeta un coup d'oeil indifférent en répondant par la négative. Depuis trois semaines, il n'avait pas passé un seul coup de fil. Elle doutait qu'il revienne un jour.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Céline demeura songeuse. Que serait la vie sans son père?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/02/02/0396db9aa5268be94f2c9990a8df1d05.jpg&quot; id=&quot;media-151500&quot; alt=&quot;0396db9aa5268be94f2c9990a8df1d05.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-151500&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Sans doute s'en sortirait-elle.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/03/04/brouillon.html</guid> <title>brouillon</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/03/04/brouillon.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Tue,  4 Mar 2008 21:55:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Avait-il remarqué la mine défaite de Philomène?&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/00/fa02d59e935aa5e034ffb4fbf4d131a7.jpg&quot; id=&quot;media-148814&quot; alt=&quot;fa02d59e935aa5e034ffb4fbf4d131a7.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-148814&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Il lui avait pris la main :&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;— Vous savez, à son âge, les lignes, ça change...&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Gédéon, endormi contre la poitrine de sa nourrice, avait les deux jambes qui pendaient dans le vide. Il ronflait un peu.&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/03/02/a.html</guid> <title>traits</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/03/02/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sun,  2 Mar 2008 22:05:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le vieil homme, le plus sérieusement du monde, avait pris dans ses mains les toutes petites paumes du nourrisson. Il les avait ensuite massées du bout de ses pouces, tournées sur le dos puis retournées en soupirant.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Philomène, à qui Gertrud finissait toujours par tout raconter, n'était pas aussi hermétique aux sciences occultes qu'elle l'aurait voulu. L'inquiétude qu'avait manifesté l'astrologue l'avait touchée, au point de la conduire dans ce cabinet&amp;nbsp; de chiromancie par quelque chemin tortueux dont sa mémoire ne garderait pas une trace exacte. Elle s'était en quelque sorte réveillée assise là, le petit sur les genoux.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;— Mmh... Avait fait&amp;nbsp; le vieil homme à la sombre mine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Eh bien? La gouvernante, n'avait jamais levé les yeux du visage_ presque gracieux_ du bébé qui l'interrogeait.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Eh bien, pas grand chose en réalité, voyez-vous, et il avait désigné une grosse ligne. &amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/28/vaguabond.html</guid> <title>vagabond</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/28/vaguabond.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu, 28 Feb 2008 11:20:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;— Ta mère et moi nous inquiétions tellement pour toi... Tu semblais tellement fragile, et regarde-toi aujourd'hui!&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le tonton radotait, Gédéon ne l'écoutait plus, passait des après-midi entières à regarder par la fenêtre les contours aqueux tracés méthodiquement à cette drôle de cité.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Depuis trois semaines qu'il visitait Oscar, il y prenait ses habitudes. Là, il apercevait le café où il entrait chaque matin pour causer avec le serveur français; plus haut, il y avait des allées, des ponts qu'il empruntait régulièrement, en manière de promenade. Amsterdam l'assimilait lentement à son paysage, elle ne s'étonnait plus de le voir passer, ennième âme égarée en son sein. Il y tournait, s'y arrêtait, reprenait son chemin, s'habituait à cette sorte d'inaction déambulatoire. Il goûtait avec une curieuse volupté sa condition d'étranger. Sa présence, superflue, était un ornement de plus au tableau dérisoire que se faisaient les touristes de la ville.&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/25/a.html</guid> <title>faute</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/25/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Mon, 25 Feb 2008 12:50:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le petit pleurait à chaudes larmes maintenant. À bord de l'auto, une main tremblante sur le contour d'osier du panier, Gertrud n'osait bouger. Était-il sale, avait-il faim? Sa lèvre supérieure frémissait tandis qu'un oeil hagard cherchait désespérément à croiser le regard du chauffeur. Elle ne pouvait rien dire, sous peine d'empirer les choses, mais elle brûlait de crier elle aussi, sans trop comprendre pourquoi.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/01/1b28cdf43f95eab66e27d56e98717f96.jpg&quot; id=&quot;media-143525&quot; alt=&quot;1b28cdf43f95eab66e27d56e98717f96.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-143525&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les deux mains posées sur le grand volant, les doigts crispés autour du plastique noir, Oscar fixait la route, évitant à tout prix de jeter un oeil au rétroviseur central sur le tableau de bord. Depuis vingt minutes qu'ils roulaient, son visage s'était peu à peu décoloré, ses traits tirés étaient autant de canaux le long desquels s'écoulaient de clairs filets de sueur. Il ne savait pas le moins du monde comment on s'y prend pour faire taire un bébé, craignait d'avoir commis une erreur irréparable en emportant l'enfant si loin de chez lui. S'il lui arrivait malheur...&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Il crut s'étouffer, au comble de l'angoisse, lorsqu'en entrant dans le domaine, il aperçut la silhouette d'une Philomène aussi immobile qu'une statue, devant la maison.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/02/2f5dbe7406d950ae1f9842683887f9c6.jpg&quot; id=&quot;media-143533&quot; alt=&quot;2f5dbe7406d950ae1f9842683887f9c6.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-143533&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Elle les attendait depuis une heure, la peur au ventre. Quelle idée saugrenue avait bien pu passer par leurs têtes malades ? Ils avaient littéralement soustrait Gédéon à sa vigilance, tandis qu'elle était occupée à préparer du café pour cet horrible personnage.&amp;nbsp; Sans biberon, sans change, le petit presque déshydraté, à l'agonie, implorerait une mère incompétente.&amp;nbsp; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; Son coeur cessa de battre. Sous la pluie, entre les haies, elle voyait se dessiner le capot de la grosse voiture. À travers le pare-brise se découpait peu à peu le visage défait d'Oscar. Elle tenait l'occasion de le mettre dehors.&amp;nbsp; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/20/a.html</guid> <title>marche</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/20/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Wed, 20 Feb 2008 21:35:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/00/ecbe18e67df628786046ede0dfd4569f.jpg&quot; id=&quot;media-140657&quot; alt=&quot;ecbe18e67df628786046ede0dfd4569f.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-140657&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Elle était très impressionnée par le jeu incessant de ses sourcils. Sur les genoux, elle portait le panier. Oscar l'avait laissée entrer seule dans ce bureau exigu où le prêtre officiait. Le thème astral de Gédéon était formel : sa destinée se révélait tout à fait exempte d'originalité. Mais le père Anatole tenait à rencontrer l'enfant afin de confirmer par la voyance les révélations astrales.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il craignait que cette présence nouvelle venue ne déséquilibre la fragile harmonie qui régnait autour. Ce que, prenant le pouls au poignet potelé du nourrisson, il confirma à demi-mot. Le bébé pleurait sans conviction, comme pour marquer sa désapprobation à ce toucher clinique.&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/18/routes.html</guid> <title>Routes</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/18/routes.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Mon, 18 Feb 2008 22:00:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le temps était maussade, la matinée s'étirait indéfiniment le long du fossé. À l'arrière de la grosse voiture, la passagère observait peut-être le paysage comme l'aurait fait un détenu le jour de sa libération.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/00/40c2d0f139428842d09338af3ef6f105.jpg&quot; id=&quot;media-139420&quot; alt=&quot;40c2d0f139428842d09338af3ef6f105.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-139420&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; À son côté, le panier balloté sur les cahots de la route, laissait parfois échapper un léger geignement. Le bébé dormait.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Gertrud avait décidé de l'emmener chez une connaissance d'Oscar. Elle espérait vaguement éclaircir le mystère qui entourait le petit être. Car à la fin, elle ne comprenait pas le sens de cette existence minuscule à laquelle il semblait voué.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/16/a.html</guid> <title>moustiques</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/16/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sat, 16 Feb 2008 20:55:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &quot; Tu le sais, je n'aime pas jouer les oiseaux de malheur, mais ton petit, je l'ai bien regardé, il avait un je ne sais quoi, un détail qui me gênait... Eh bien il me semble que c'est dans ses yeux, vois-tu... il a quelque chose de malsain.&quot;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Après avoir surpris ces propos, Philomène ne se permit plus de douter que la présence de l'oncle Oscar avait quelque chose de fétide. S'il s'en prenait à l'enfant, il tâterait du rouleau à pâtisserie. En attendant, elle n'avait aucune idée sur la manière dont elle devait s'y prendre pour infléchir le jugement de Gertrud en faveur de son fils.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au moins, cette dernière s'intéressait-elle désormais au contenu du berceau. Les pleurs de Gédéon ne lui auraient de toute façon pas laissé le choix, qui retentissaient jusque sur le chemin du domaine. Elle posait toutes sortes de question à sa servante, qui tentait de répondre avec autant de précision que son expérience lui permettait. Cela tournant souvent autour des fonctions digestives, Gertrud grimaçait avant de chasser les propos de sa duègne aussi bien qu'un insecte horripilant. Mais elle demeurait perplexe, et certaines attitudes trahissaient son intérêt. Philomène se prenait à espérer.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/13/a.html</guid> <title>argile</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/13/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Wed, 13 Feb 2008 23:35:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Gertrud se relevait lentement, elle n'avait que peu d'énergie à consacrer à Philomène, et à son enfant. Oscar l'accaparait, il avait l'art de transformer un après-midi morose en confettis, le temps prenait la forme de vagues intervalles entre deux discussions. Les semaines passaient, Philomène désespérait de déposer Gédéon dans les bras de sa mère. À chacune de ses tentatives, Gertrud ignorait superbement l'enfant, ne posait pas même les yeux sur lui, au point que, désarmée, la gouvernante s'en retournait sans mot dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/02/01/c05b7c9187fb061daca4c44da693b762.jpg&quot; id=&quot;media-138063&quot; alt=&quot;c05b7c9187fb061daca4c44da693b762.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;Elle demeurait allongée la plupart du temps, apprêtée comme pour sortir, pour , au crépuscule, revêtir sa robe de chambre.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;Philomène tentait en vain de la raisonner, elle se murait derrière son visage de porcelaine. &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/10/a.html</guid> <title>récréation</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/10/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sun, 10 Feb 2008 20:10:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Et dans les premiers temps de sa réapparition, il se montra changé aux yeux de Philomène . Il n'évoqua pas Amilcar, se contenta de complimenter Gertrud sur sa bonne mine, l'enjoignant à sortir.&amp;nbsp; Le temps était clément, le jardin à un pas seulement, et elle était restée enfermée si longtemps!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Même si son ton mielleux horripilait toujours la vieille femme, elle se réjouissait de tels progrès dans l'attitude de l'intrus. D'autant, nota-t-elle, qu'il lui adressait désormais directement la parole. Rien de très éloquent, seulement un bonjour, un signe de tête, mais qui donnaient enfin à Philomène l'impression d'exister au-delà de sa fonction.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il était arrivé les bras chargés de présents, robes, chassures, et demandait sans cesse à Gertrud de les enfiler, laissait échapper parfois un sifflet admiratif à la limite du vulgaire. Mais il se reprenait toujours à temps. Il semblait prendre un plaisir innocent à observer les métamorphoses de sa protégée, on aurait dit un enfant jouant à la poupée.&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/07/tache.html</guid> <title>tâche</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/07/tache.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu,  7 Feb 2008 23:15:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Lentement, toutes ces bonnes âmes_qui n'avaient pas été invitées_ s'évaporaient littéralement. Par petits paquets elles n'aparaissaient plus, et Philomène, le coeur joyeux, prévoyait de réduire la quantité de thé et de biscuits qu'elle servait chaque jour. Enfin, il ne resta plus que quelques tristes bonnes femmes tentant vaguement de prendre racine, chaque jour, au pied du berceau.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il ne fut pas difficile à la gouvernante de les congédier. Ils étaient enfin seuls, Gertrud allait pouvoir faire connaissance avec son fils, qu'elle n'avait pratiquement pas vu depuis sa naissance.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Deux jours passèrent avant le retour d'Oscar.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/02/01/2e5978f07a9d67e6b3a4dec318de1904.jpg&quot; id=&quot;media-132547&quot; alt=&quot;2e5978f07a9d67e6b3a4dec318de1904.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-132547&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/04/a.html</guid> <title>attrape</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/04/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Mon,  4 Feb 2008 21:50:09 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il tentait désespérément de rester digne, sous son parapluie, au milieu d'une rue déserte. Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris de partir à pied par ce temps ? Il avait pourtant les moyens de payer le taxi... Il avait eu besoin de braver la pluie et maintenant il se sentait stupide, cheveux au vent.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/00/64894a03b5ffc526b62e54d87953aead.jpg&quot; id=&quot;media-130551&quot; alt=&quot;64894a03b5ffc526b62e54d87953aead.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-130551&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;L'oncle ne lui racontait que des balivernes depuis deux jours, il en avait assez de ces visites qui n'avaient ni queue ni tête. Et, bien sûr, il n'osait plus amener la question d'Amilcar sur le tapis. Que lui aurait dit le vieux? qu'il ne se souvenait plus, ou qu'il était malade, fatigué... Non, il valait sans doute mieux attendre encore un peu. ça finirait par venir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il avait rarement essuyé un grain aussi dense. Il parvenait en bas de l'immeuble trempé des pieds à la tête, et cet interphone de malheur fonctionnait une fois sur deux. Il dût bien sonner pendant cinq minutes avant qu'on lui ouvre.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/02/a.html</guid> <title>visites</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/02/02/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sat,  2 Feb 2008 22:15:00 +0100</pubDate> <description> &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Autour d'un nouveau-né se presse systématiquement une foule de personnes, mues par une conformation d'esprit atavique sans doute, qui, bon an mal an se disperse au bout de quelques semaines. L'obscur désir d'être confronté à cette fraîcheur incarnée là, sur le visage du poupon, attire cette nuée bienveillante. Une curiosité presque malsaine à l'égard de Gertrud avait aussi conduit un bon nombre de cousines, de connaissances, bien plus intéressées par la découverte de l'expression physique des déboires conjugaux les plus lamentables que par la vision _horrifique aux yeux de certaines_&amp;nbsp; d'un landau au fond duquel s'agitaient par intermittence de petits doigts boudinés sous un faciès grimaçant.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Gédéon dans son berceau gisait, auréolé d'un nimbe louche.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/02/252f090824e185559175cb88a69da4e0.jpg&quot; id=&quot;media-129257&quot; alt=&quot;252f090824e185559175cb88a69da4e0.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-129257&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Philomène relevait son désarroi au sujet de la pilosité extravagante du nourrisson. Sans se résoudre à tailler les soies qui lui sortait des oreilles, elle tentait tant bien que mal de les dissimuler à l'attention du plus grand nombre. On ne cessait de remarquer cette singularité, ce qui la désespérait visiblement. Décidément, ce petit n'avait rien d'une personne conciliante.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/30/a.html</guid> <title>encre</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/30/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu, 31 Jan 2008 11:15:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Gédéon s'était arrêté au milieu d'un petit pont de brique rouge et se perdait dans les reflets imprécis à la suface d'une eau saumâtre. Il était déjà tard; son hôte l'avait congédié sans ménagement; il était fatigué d'avoir trop parlé, avait besoin de calme...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;L'air était presque froid, sous son manteau la maigre silhouette se raidissait en agrippant la rambarde, puis retombait un peu comme un morceau de voûte.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/00/eeba109ae71bb7f964f237af7de657ed.jpg&quot; id=&quot;media-127690&quot; alt=&quot;eeba109ae71bb7f964f237af7de657ed.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-127690&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Il avait mal à la tête; la certitude de s'être fourvoyé en venant ici ajoutait à son amertume. Les mêmes doutes le tourmentaient sempiternellement, il n'était pas à sa place, il n'aurait pas dû... À la surface ondoyait la flaque de lumière qui tombait d'un lampadaire. Il devait se dépêcher de trouver un hôtel pour la nuit. Il reviendrait demain, avec des questions précises.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/27/a.html</guid> <title>arrêt</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/27/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sun, 27 Jan 2008 21:20:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Philomène fut incapable de déterminer le motif profond de cette mascarade. Elle sembla même un temps oublier jusqu'à l'existence de l'intrus, temps qui fut consacré aux préparatifs de l'accouchement. Le médecin qui s'occupait de Gertrud l'auscultait quotidiennement, semblait inquiet à l'approche du terme. Sans avoir besoin d'y être invité, Oscar ne parut plus. Et la jeune fille prenait finalement conscience de son état. Elle avait peur, tous les soirs Philomène lui lisait une histoire, de la mème manière que vingt ans auparavant, lorsqu'elle avait été engagée dans cette maison. Elle avait soigneusement conservé chacun de ces livres qui avaient été&amp;nbsp; source d'images, de rêves que la petite lui confiait au matin, le visage chiffonné et la voix chevrottante.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Une si longue attente ne peut se résoudre que dans un souffle, et les quelques heures durant lesquelles la gouvernante assista le médecin au chevet de Gertrud lui firent sans doute l'effet d'un coup de tonnerre. Elle restait très marquée par la douleur que la jeune maman avait endurée, par la peur aussi. Nulle part dans son carnet elle ne mentionna le nourrisson, avant plusieurs semaines.&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/24/mue.html</guid> <title>Mue</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/24/mue.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu, 24 Jan 2008 21:10:00 +0100</pubDate> <description> &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Gédéon ne parvenait pas à saisir le mouvement de leur conversation. Il se sentait bercé de droite et de gauche, comme il suivait du regard les déplacements du vieil homme. Ce dernier prenait un malin plaisir à éluder les questions qui avaient amené le petit jusqu'en Hollande. Progressivement, il semblait se défaire de la gangue qui retenait ses mouvements. Alerte, sa tête dansait sur son cou; tandis qu'il marchait, il continuait de fixer un oeil retors sur son hôte. Sur son visage la peau parcheminée éprouvait des craquelures inhabituelles, les rides s'affinaient.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/02/02/c0f19450d2c8ccfa5315b7be6303c140.jpg&quot; id=&quot;media-123991&quot; alt=&quot;c0f19450d2c8ccfa5315b7be6303c140.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-123991&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Enfin, comme il s'approchait très près du fauteuil, Gédéon sentit un souffle lourd sur ses paupières.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Il était préoccupé par l'héritage de Gertrud. Gédéon avait-il une idée de l'usage qu'il pourrait faire de tout cet argent ? Sans doute ne refuserait-il pas les conseils avisés de son vieil oncle.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/21/a.html</guid> <title>macramé</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/21/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Mon, 21 Jan 2008 21:35:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Que voulait-il, au fond, ce serpent? Il était parvenu à se rendre indispensable aux yeux de Gertrud qui attendait avec une impatience puérile chacune de ses visites. Et il savait les retarder si besoin, les rapprocher lorsque le temps s'y prêtait. La pauvre petite en oubliait presque son état, et Philomène dût se résoudre à écrire à ses parents. C'était une chose d'évoquer l'improbable retour d'un mari évadé. ça relevait déjà d'une propension au charlatanisme. C'en était une autre que de prendre racine au chevet d'une jeune femme déjà tellement perturbée. Très vite, le clou fut si enfoncé qu'en entrant dans la chambre de Gertrud, on eut cru voir un Don Quichotte rêvant à haute voix de ses exploits chevaleresques. Elle serait bientôt mère, et s'affublait de dentelles.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Elle finirait par perdre toute retenue. Céline à l'oeil étonné déchiffra même en un endroit le mot &quot;putain&quot;. &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/17/a.html</guid> <title>torpeur</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/17/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu, 17 Jan 2008 21:10:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il était revenu, plusieurs fois. Son attitude à l'égard de Philomène la mettait hors d'elle. Il l'ignorait superbement, ne lui adressant jamais la parole, ne la gratifiant pas même d'un regard. Son oeil large à l'accent narquois, s'arrondissait et passait sur elle comme sur une tapisserie quelconque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au fil du temps, ses visites se rapprochaient, il entrait chez Gertrud sans même frapper, la trouvant parfois à moitié habillée. Alors il s'asseyait à côté d'elle et lui racontait&amp;nbsp; quelqu'histoire à dormir debout au sujet d'Amilcar et de son amour toujours vivant. Tout le monde savait très bien que le mari de Gertrud n'éprouvait pour elle que du mépris. Mais elle, elle préférait écouter &quot;oncle Oscar&quot;, qui lui remplissait la tête de balivernes, de rêveries dont elle n’avait aucun besoin dans son état.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le soir, lorsqu’il s’en allait enfin, elle assommait la pauvre Philomène avec ses &quot;mon Amilcar m'aime, j'en suis sûre maintenant&quot;, ses &quot;il me reviendra&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gouvernante avait même songé à rendre son tablier, lorsqu'il lui fallut préparer une chambre pour le &quot;tonton&quot;, la première nuit où il resta. Mais elle tint bon, elle n'aurait pas supporté d'abandonner sa protégée à cet individu. Elle supportait tout, il s'installa peu à peu à domicile, mangeait, dormait, et tournait la tête de la jeune femme. De temps à autre, il prenait son auto et on ne le voyait plus de quelques jours. Il revenait avec de nouvelles histoires.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/15/a.html</guid> <title>vertiges</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/15/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Tue, 15 Jan 2008 21:30:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Un après-midi qu'elle rentrait de Poitiers où elle était partie pour quelques course, Philomène faillit tomber de sa bicyclette en apercevant, garée devant la maison, à moins d'un mètre des portes, une de ces grosses voitures de m'as-tu-vu dont la vulgarité n'avait d'égale que la bouffissure qui caractérisait l'égo de leurs propriétaires. (sans doute l'âpreté de ces jugements avait à voir avec une profonde solitude éprouvée par Philomène)&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/01/1a8d7ece1d9d1e3f53315b57b8d2d7c2.jpg&quot; id=&quot;media-118122&quot; alt=&quot;1a8d7ece1d9d1e3f53315b57b8d2d7c2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-118122&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le malotru n'ayant évidemment pas été invité, elle se demandait qui se cachait derrière cette visite surprise, à quelques semaines de l'accouchement de Gertrud. Elle ne se l'avouait pas tout à fait, mais un espoir très ténu l'avait pincée durant un bref instant.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les pensées se bousculaient tandis qu'elle accourait auprès de sa jeune maîtresse. L'individu, qui s'était introduit sans autorisation jusqu'à son chevet, lui tenait la main en lui parlant tout bas lorsque la gouvernante fit irruption dans la chambre, furieuse. Lorsqu'il se retourna pour la saluer, elle reconnut avec surprise un vague cousin de la famille, qui se faisait appeler Oscar. Sans avoir la moindre idée de ce qu'il était venu faire en ce lieu, elle conçut pour lui une aversion profonde, marquée de la certitude qu'un quasi inconnu de quarante ans passés n'a rien à faire dans la chambre d'une jeune parturiente.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mais Philomène avait dû s'incliner devant la mine réjouie de Gertrud, à qui cette visite semblait avoir changé les idées. De toute façon, notait-elle, elle n'avait pas son mot à dire, en tant que domestique, sur les fréquentations de sa protégée. &amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/13/meandres.html</guid> <title>Méandres</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/13/meandres.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sun, 13 Jan 2008 20:50:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tout, chez le vieillard, le déstabilisait. À commencer par cette étrange façon qu'il eût de faire asseoir Gédéon, et de rester debout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout en discutant, il contemplait son image dans le grand miroir au cadre rococo qui dominait la pièce, au dessus de l'âtre. Quelques regards échangés par le biais de la glace lui suffisaient le plus souvent, mais il daignait parfois, pour souligner une intention, par jeu ou pour quelque obscure raison se retourner vers son invité, qu'il dominait alors de toute sa hauteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gédéon, enfoncé entre les accoudoirs décidément bien trop élevés se sentait comme pris au fond d'un terrier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;— Vois-tu, mon lapin, je trouve que tu as été bien long à me rendre visite... Je t'attends depuis que Gertrud nous a quittés. Je pense souvent à elle, sais-tu... Quelle étonnante jeune femme elle a été !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De temps à autre, son regard&amp;nbsp; fatigué s'étirait, tandis qu'un rictus contenu brisait la commissure de ses lèvres.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gédéon, au ras du sol, le regardait néanmoins avec une insistance presque hostile.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Dieu que tu ressembles à ton père, reprit Oscar avec un sourire mou. Je suppose que tu te demandes pour quelle raison je n'ai pas honoré de ma présence les funérailles de ta mère... Il se retourna vers le miroir, contemplait les rides sur ses joues tombantes... Passé un certain âge, affirma-t-il gravement, Il est des cérémonies que l'on préfère éviter. Tu ne m'en veux pas j'espère?&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Je ne sais pas trop, s'entendit répondre le jeune homme, comme en songe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oscar étouffa péniblement un rire, qui expira en un sifflement terrible. &amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/08/verrou.html</guid> <title>verrou</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/08/verrou.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Tue,  8 Jan 2008 21:30:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le chauffeur lui avait adressé la parole, et Gédéon s'était contenté de lui tendre son papier. Après une moue et un regard dans le&amp;nbsp; rétroviseur, la mise en route du compteur, la voiture démarra.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Un long moment passa, durant lequel Gédéon eut tout loisir d'observer le cuir chevelu de son guide, qui le regardait parfois en tentant un mot ou deux. Comme il n'obtenait aucune réponse, il finit par se renfrogner totalement. En s'arrêtant devant une haute maison en bordure d'un canal, il dit encore quelques mots; Gédéon crut comprendre qu'il était arrivé. Il bafouilla un petit &quot;merci&quot; et le taxi lui soutira soixante euros.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;C'était bien sa veine ! À côté de la porte il n'y avait nulle sonnette, mais un interphone. Il tergiversait pour déterminer quelle serait la meilleure conduite à tenir. Il prit finallement le parti de s'exprimer comme si de rien n'était, ce qui lui sembla sur le coup tout à fait judicieux.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Quand une voix de vieille femme répondit à son appel, il se contenta donc de bredouiller tant bien que mal qu'il était de la famille de monsieur Oscar, qu'il venait de France pour lui rendre visite. la porte s'ouvrit sans plus de commentaires.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il monta un étage avant de rencontrer une dame âgée en habit de nurse qui lui faisait signe. Elle l'introduisit dans un salon dont l'agencement lui rappelait étrangement des images de son enfance. Des objets d'antiquaire exhibaient leurs dorures mates entre deux livres sur une bibliothèque pompeuse, un fauteuil aux accoudoirs trop élevés pour être confortables trônait au milieu de la pièce. Il n'avait même pas remarqué la présence du vieil homme à côté de lui, devant la cheminée.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/01/5569699dbda68a9d79250ba91d2f7f2e.jpg&quot; id=&quot;media-113973&quot; alt=&quot;5569699dbda68a9d79250ba91d2f7f2e.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-113973&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;—Qu'est-ce que je peux faire pour toi, mon garçon? Commença-t-il.&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;left&quot;&gt;Sa mise était vraiment très particulière; il portait une sorte de Kimono d'un blanc immaculé orné de broderies d'un vert pâle, dont le visiteur ne pouvait gère décrocher son regard étonné. Finalement, comme on plisse les yeux pour regarder un peu plus loin que le bout de son nez, Gédéon fit le point sur son hôte. &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/06/a.html</guid> <title>taxi</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2008/01/06/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sun,  6 Jan 2008 21:30:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Gédéon comptait le nombre de fois où il était sorti de son pays, ce qui tenait dans les doigts d'une main. Le wagon dans lequel il voyageait était peuplé de petits groupes qui discutaient calmement. Progressivement, Gédéon s'en apercevait, les propos qu'il n'entendait que vaguement perdaient de leur sens pour prendre l'aspect d'un brouhaha confus. Une sueur froide le saisit lorsqu'il réalisa que plus personne ne parlait sa langue autour de lui. C'était un aspect du voyage qu'il avait négligé jusqu'ici. Il se sentait seul, avec les trois mots d'anglais qu'il avait appris à l'école. Il regrettait presque d'être parti si vite. ll aurait préféré réfléchir à la stratégie à adopter pour rencontrer l'oncle Oscar. Mais Christine lui avait échauffé l'esprit avec son fiel, et maintenant il allait se perdre à Amsterdam avec pour tout guide une adresse écrite à la va-vite sur un post-it, héritage de sa mère. Maintenant, il se demandait bien ce qui lui avait pris de partir sur les traces d'Amilcar. N'importe quoi. Et pour qui le prendrait l'oncle Oscar ? Sans doute ce vieil homme dont il ne gardait qu'un très lointain souvenir refuserait d'écouter les élucubrations d'un illuminé en quête d'une figure paternelle...&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Plus il doutait du bien fondé de sa démarche, et plus il se sentait ridicule, assis là au milieu de tous ces gens, comme un intrus.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La gare d'Amsterdam était immense. L'angoisse en augmentait encore les dimensions. Car ses sueurs s'étaient muées en tremblements, il avançait comme aveuglé par le flot d'informations incongrues, bousculait une personne, reculait pour s'excuser puis en bousculait une autre... Enfin il trouva la sortie. Il cherchait partout le mot taxi.&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/24/aa.html</guid> <title>vagues</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/24/aa.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Tue,  1 Jan 2008 18:35:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;À cette époque, Amilcar avait déjà quitté le foyer conjugal. Gertrud, dont la grossesse n'était qu'un va et vien continu entre crises de nerfs et épisodes gargantuesques dans le garde-manger que les cuisinières familiales maintenaient à grand peine, avait fini par décider au grand dam de ses parents de vivre une existence recluse dans cette vieille demeure du Poitou. Là, elle commença par s'imbiber de toute une littérature sentimentale et désolante grâce à laquelle elle perdit en quelques mois tout sens de la retenue.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Souvent, elle regardait la larme à l'oeil son nombril proéminent en déclarant:&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;— Ah, ma pauvre Philomène, s'il n'y avait pas ce ventre... quelle vie nous aurions toutes les deux!&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Et elle vidait son verre de Gin avant de se resservir. Elle était sujette à une tension permanente qui la secouait. Les calmants qu'elle s'administrait à hautes doses n'y faisaient rien, et il fallut bien qu'elle acquière un grand cheval blanc pour parcourir les étendues lugubres au galop entre chien et loup. Souvent, sur les chemins qui bordent les cimetières, l'on voyait flotter de longs&amp;nbsp; foulards de soie blanche qu'elle laissait s'envoler à son gré. Le souffle rauque de sa monture chassait le silence dans les sous-bois brumeux à l'aube, elle rentrait souvent épuisée, les paupières lourdes. À plusieurs reprises, Philomène aurait pu jurer que le cheval était revenu seul au domaine, Gertrud étendue sur sa crinière.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/02/3eb83a68ed1b64baef006b5b6e3c069d.jpg&quot; id=&quot;media-109772&quot; alt=&quot;3eb83a68ed1b64baef006b5b6e3c069d.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-109772&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Elle fit si bien qu'un matin, la gouvernante mélancolique la trouva clouée au lit, le souffle court, à bout de forces. Le médecin préconisa un prolongement de son alitement jusqu'au jour de sa délivrance. Philomène ne fut pas fâchée de se débarrasser de la rosse malfaisante. Elle l'avait toujours considérée d'un mauvais oeil, comme tout ce qui lui semblait trop sophistiqué. Après tout, un baudet valait bien un cheval, d'autant qu'il abattait un bien plus grand labeur et croquait bien moins d'avoine.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Gertrud se renfrogna complètement, refusait le plus souvent de se nourrir, jusqu'à ce que la faim ne terrasse son entêtement. &amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/22/tube.html</guid> <title>soupçons</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/22/tube.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sat, 22 Dec 2007 18:25:00 +0100</pubDate> <description> &amp;nbsp;Elle lui avait demandé, comme ça: &quot;T'étais pas censé poser des jours?&quot; avec un sourire mauvais, et dans l'oeil des reflets métalliques. Tous les traits de son visage se figeaient, tendus vers leur unique propos, qui était de le blesser.&lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; Il avait posé quelques jours. &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; À Paris, le quai grouillait d'uniformes kakis et bleus. Il avait dû changer de gare. Il avait hésité à prendre un taxi, puis réalisé qu'il ne voulait pas voir la ville. Si propre en été, elle lui apparaissait dégoûtante dès l'automne, il lui semblait voir la transformation du docteur Jekyll en Hyde. L'hiver, elle lâchait la bride à ses instincts; ses démons sur le trottoir, ses mauvaises consciences dormaient sous des tentes. Ses déjections débordaient, venaient joncher le sol. Dans le froid elle se ramassait, les rues pullulaient comme pour se réchauffer un peu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En bas, elle était moins sujette à ces variations. Le métro restait lui-même, qu'il soit plus ou moins bondé importait peu. Même un touriste pouvait s'y sentir à l'aise. Là, les mêmes figures, les mendiants, les jeunes, et, bien sûr, les travailleurs, exténués, s'en allant rejoindre la correspondance d'un RER à la destination lointaine. Des visages progressivement creusés, burinés par la fatigue. Tout était plus intense ici et Gédéon, tout en détaillant un jeune homme près de lui, jouait à s'inventer une vie de citadin.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/02/c5c827276d2c9a23e62cb1c9565a4b52.jpg&quot; id=&quot;media-105583&quot; alt=&quot;c5c827276d2c9a23e62cb1c9565a4b52.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-105583&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/19/estampe.html</guid> <title>Estampe</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/19/estampe.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Wed, 19 Dec 2007 21:10:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Petit à petit, des bribes s'ajoutaient à d'autres, s'emberlificotaient, devenaient des fils que Céline démêlait tant bien que mal. Et chaque jour elle s'absorbait un peu plus longtemps dans ses lectures. Elle poursuivait une anecdote à saute-page, renonçait, la retrouvait plus loin, puis passait à un autre objet. Sur son lit étalés, les cahiers de Philomène dormaient ouverts avec elle. Il lui semblaient désormais presque inépuisables, regorgeant de portes, de couloirs dans lesquels elle s'aventurait. Souvent, elle entrait avec Philomène dans la cuisine de la vieille demeure, pour ressortir par une trappe au grenier, une fenêtre ou le soupirail de la cave.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mais rien jusque là n'avait attiré son attention autant que l'étrange monsieur qui était apparu quelques jours plus tôt, tandis que la gouvernante de Gertrud était sortie pour quelque course. D'abord surprise de trouver mention d'une personne extérieure à la maison dans ces pages, Céline fut très vite intriguée par&amp;nbsp; l'animosité qu'il semblait éveiller chez la vieille dame, sous la plume de laquelle elle découvrait des mots bien grossiers, pour une fois. La présence d'un tel individu inquiétait Philomène. Céline, intriguée, avait dû se résoudre pour mener à bien ses recherches à ouvrir des cahiers d'abord laissés de côté. Après tout, elle était un peu lasse du relevé monotone auquel elle s'était livrée jusqu'ici, qui concernait uniquement les références à son père, enfant triste et ennuyeux pour lequel elle-même n'éprouvait que peu d'affection. Elle venait vraisemblablement de mettre la main sur du croustillant, se décida sans peine à laisser là pleurnicher Gédéon pour s'intéresser à l'oncle Oscar.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/17/cheveu.html</guid> <title>Cheveu</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/17/cheveu.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Mon, 17 Dec 2007 20:25:00 +0100</pubDate> <description> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/02/620314f673077fe9873fd41cdc9757a4.jpg&quot; id=&quot;media-102996&quot; alt=&quot;620314f673077fe9873fd41cdc9757a4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-102996&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Quel genre d'homme était-il? &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Il se le demandait, posté là, à deux pas de l'agence de voyage où travaillait Christine. Était-il vraiment prêt à débarquer comme ça, et&amp;nbsp; à inviter la vendeuse derrière le comptoir pour une destination de rêve? L'idée avait germé quelques jours plus tôt. Comme il se plaignait machinalement de la fatigue qu'occasionnait son boulot, sa femme était montée sur ses grands chevaux. Le visage furieux, elle avait énoncé tous les petits travers de son homme, sa fainéantise, sa nonchalance. Lui bouillait, serrant les dents, comme tant de fois.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&quot;Elle va voir cette fois-ci!&quot; s'était-il dit alors. Paradoxalement, c'est à ce moment-là qu'il avait réalisé à quel point Christine était fatiguée. Et l'examinant, il s'aperçut qu'elle avait pris un tombereau d'années sur la figure, d'un coup. Il ne l'avait sans doute pas assez regardée ces derniers temps.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il sort parfois de drôles de pensées de la tête d'un homme vexé. Des inspirations d'un autre temps, qui ne devraient pas exister hors les romans à l'eau de rose auxquels elles sont fatalement destinées. À force de marcher, sa tête avait refroidi; maintenant qu'il avait les idées une peu plus claires, il ne savait plus s'il devait continuer. Le gel tombait en minuscules gouttelettes sur son manteau, lui dessinant des points aérés aux épaules. Par terre, un chewing-gum tout juste craché s'agrippait sur le côté de sa chaussure. Il essayait de le décoller en frottant timidement le béton, son pied effectuant de minutieux allers-retours, pendu au bout de sa jambe.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Une voiture passa dans la rue, le réveilla définitivement. Dommage, pensa-t-il comme il faisait demi-tour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il marcha sans trop penser, ses pas le portèrent jusque devant la gare.&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/14/masques.html</guid> <title>masques</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/14/masques.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Fri, 14 Dec 2007 21:15:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Plus elle avançait dans le déblayage des mémoires de Philomène, et plus Céline demeurait dubitative face à son père. Elle découvrait chaque jour les pans d'un passé trouble, moiré de folie, qui ne collait pas avec l'image d'homme équilibré qu'elle avait de Gédéon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce mystère ne laissait pas de la tracasser. Derrière ce visage souvent placide, elle avait l'impression de voir courir en tous sens de sombres démons, oeuvrant à composer le visage même de la sérénité. Son propre père, qui, depuis qu'elle avait passé l'âge, ne lui semblait gère plus intrigant qu'un meuble quelconque, l'inquiétait. Car peut-être ne contenait-il qu'à grand peine certains transports. Désormais, elle voyait en lui un psychopathe prêt à se révéler, et chaque jour qui passait sans que Gédéon n'ait massacré tous ses collègues de bureau ou pris en otage son patron lui semblait un pas de plus vers un inexorable épisode tragique.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;À certains endroits, sans plus d'explication, Philomène avait noté des chiffres, avec le nom d'un médicament correspondant. Suivait parfois un commentaire laconique: faible réaction / Effet trop long / Divague... Céline n'était pas sûre de bien comprendre à qui étaient administrés ces barbituriques.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/12/soupe.html</guid> <title>Soupe</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/12/soupe.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Wed, 12 Dec 2007 11:45:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce samedi-là, le souper les trouva réunis. On entendait le cliquetis des fourchettes sur les sufaces émaillées, parfois un verre tintait dans le vide. Céline triturait distraitement un morceau de poisson pané qui flottait presque dans le jus de ses petits pois. Elle jetait parfois un regard furtif à son père, puis retournait, songeuse, dans son assiette.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gédéon, tout en tranchant un morceau de pain, se racla la gorge.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Alors, hasarda-t-il, comment se sont passées vos journées à toutes les deux?&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Bof, répondit Céline à son père, tandis que Christine, exhibant ses cernes, planta ses deux plus gros yeux sur lui, sans commentaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—On devrait prendre des vacances, lança-t-il après une hésitation. D'ailleurs je vais poser quelques jours dès lundi!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Ah ? Et en quel honneur ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Christine ne le lâchait pas des yeux. Gédéon haussa les épaules, il ressemblait un peu à une tortue.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/00/d396e4a994a822fb6d98196d1a74065f.jpg&quot; id=&quot;media-99919&quot; alt=&quot;d396e4a994a822fb6d98196d1a74065f.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-99919&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/09/cher.html</guid> <title>Goutte</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/09/cher.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sun,  9 Dec 2007 21:05:00 +0100</pubDate> <description> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/02/baafddb85d4a5b5c14ae6cf443d27d76.jpg&quot; id=&quot;media-98296&quot; alt=&quot;baafddb85d4a5b5c14ae6cf443d27d76.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-98296&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il ne se souvenait pas bien de la dernière fois où il avait pris une douche bien chaude le soir après le travail.&amp;nbsp; Aujourd'hui, il avait envie de se délasser. Il tentait en vain de réfléchir depuis qu'il était rentré. Presque une bonne journée, aucun dossier urgent à traiter, il avait même bu un café avec un collègue, histoire de se changer les idées. Devant le distributeur, Paul l'avait bassiné avec ses histoires de loto. Il voulait l'embringuer dans une histoire de jeu en commun, comme ça se fait dans certaines entreprises... Et le voilà parti dans des rêves de grandeur, des &quot;si je gagne...&quot; qui sont censés vous changer la vie.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;À son retour à la maison, il avait trouvé du courrier. Le notaire lui décrivait l'avancement de ses affaires, un acheteur s'était présenté pour la maison de Gertrud. D'autre part, la vente aux enchères qu'ils avaient décidé d'organiser à partir de la collection de &quot;bibelots&quot; de sa mère se tiendrait bientôt. Sous peu, tout serait réglé, et Gédéon disposerait d'un capital non négligeable. Peut-être devait-il songer à investir...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ce n'était pas exactement ce à quoi il pensait tandis que de petits filets d'eau brûlante picotaient son front dégarni. Pour commencer, il avait envie de prendre du bon temps.&amp;nbsp; Ensuite, il verrait. Malheureusement, il n'avait pas le commencement d'une idée.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il décida, en se séchant, de revenir à ces réflexions durant le weekend. Pour l'instant, il lui fallait dormir.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/06/vide.html</guid> <title>vidée</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/06/vide.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu,  6 Dec 2007 22:30:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La journée de Christine l'avait durement éprouvée. Elle avait eu une prise de bec avec une cliente à qui elle avait refilé un billet pour Venise. Après avoir payé, la dame était partie sans son ticket de carte bleue. Christine ne prenait généralement pas garde à ce genre d'oublis. Mais en fin d'après-midi, elle vit revenir la vieille femme, le regard brillant de colère.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sa coiffure branla dangereusement lorsqu'elle poussa la porte. Dans la foulée, elle bouscula le monsieur assis au bureau de Christine. Le visage cramoisi, haletante, elle énonça ses griefs à haute voix. Deux personnes qui venaient d'entrer pour prendre des brochures s'en retournèrent aussitôt, les mains vides.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/00/21de7d9fb483c2d391a65372cbf9f479.jpg&quot; id=&quot;media-96640&quot; alt=&quot;21de7d9fb483c2d391a65372cbf9f479.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Elle avait dû attendre plusieurs semaines l'occasion d'un scandale; elle était dans un tel état qu'on se serait presque inquiété.&lt;br /&gt; Évidemment, Crhistine avait mis un temps fou à retrouver le fichu ticket. De supporter Mémère qui semblait éprouver un plaisir tellement innocent à remâcher ses reproches, l'avait littéralement rincée.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En rentrant, elle avait fait un sort à la boîte de corn flakes à moitié entammée, ce qui l'avait tout de même bien détendue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle regardait depuis quelques minutes par la fenêtre de la cuisine, tâchant vainement d'extraire quelques résidus restés fichés entre ses incisives, lorsqu'elle décida de se reprendre en main. Elle monta tout droit à l'étage, mais n'entra pas dans la salle de bains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au lieu de cela, elle ouvrit la porte de la petite chambre, se dirigea dans le même temps vers la chaîne hi-fi, en débitant:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Tu vas me faire le plaisir d'éteindre cette radio, j'en ai plein les bottes!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et sans attendre, elle coupa net la musique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Céline, qui était restée allongée, releva la tête de sur son bouquin. Elle lança à sa mère un de ces regards dont seuls les adolescents ont le secret, et qui vous feraient passer pour un étranger sous votre propre toit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les bras croisés; Christine arpenta les quelques mètres qui la séparaient de la porte. En mère responsable, elle posa un oeil froid sur l'étendue autour du lit, puis désigna d'un geste théâtral le salmigondis:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—C'est quoi cette nouvelle mode? Tu as décidé de vivre dans un dépotoir?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La jeune fille allongée fixait toujours l'intruse.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Laisse-moi. répondit-elle enfin, d'un ton désinvolte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Christine, comme un enfant avec lequel on refuse de jouer, sentit son dos s'alourdir, ses épaules retomber. Elle ferma lentement la porte en sortant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/04/lorgnette.html</guid> <title>Lorgnette</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/04/lorgnette.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Tue,  4 Dec 2007 21:15:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Une fois de plus, elle s'était endormie sur une de ces pages dont elle ne saisissait que de vagues allusions, des évènements aux contours mal définis. Elle se souvenait de quelques marchés aux puces, d'autres vides-greniers où elle tombait sans cesse sur de ces outils dont on a perdu le sens. L'émotion bariolée que procurent de telles confrontations l'ennuyait au plus haut point.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En regardant son radio réveil dont les chiffres rouges, de l'autre côté du lit, affichaient deux heures moins le quart, elle s'aperçut que ses lunettes n'étaient plus à leur place. Elle jeta un oeil sur le cahier ouvert, où un filet de salive avait délavé quelques lignes, au milieu. Ce n' était rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle leva la tête, fit un rapide tour d'horizon. Toujours à la recherche de ces verres qu'elle ne portait qu'à la maison _elle supportait juste assez ses lentilles pour se permettre de les porter en cours_ elle trouva le désordre ambiant plutôt navrant. Un paquet de biscuits au chocolat, ouvert au pied du lit, sur la couette, crachait quelques miettes, répandant une odeur importune. Cà et là les feuilles sur lesquelles étaient notés certains de ses cours, et qu'elle n'avait pas eu l'idée de ranger tant elle avait été absorbée par ses recherches...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle poussa un long soupir. Elle ne parvenait pas à mettre le doigt sur le moment où sa vie de petite fille avait mué en cette étrange existence, qui ressemblait souvent à un mic-mac sans queue ni tête. Il y avait des détritus, et des antiquités, et parfois des choses indéfinies... Dieu, qu'elle se sentait seule! &amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/02/cris.html</guid> <title>Cris</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/12/02/cris.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sun,  2 Dec 2007 21:35:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les lectures se succédaient. Malgré tout, il arrivait qu'une phrase résonne longtemps après qu'elle l'ait lue, prenne un sens nouveau au contact d'une autre, si bien que Céline crut peu à peu deviner comment classer les cahiers. Tout d'abord, elle prit le parti de ne conserver que ceux dans lesquels il était fait mention de son père. Après tout, c'était bien de cela qu'il s'agissait. Pour le reste, elle aurait tout le tempsplus tard.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Certains passages se révélaient très émouvants. Elle faillit verser une larme lorqu'elle découvrit que Gédéon faisait peine tant il avait été un bébé disgracieux.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Philomène éprouvait bien des difficultés, elle se lamentait souvent sur son journal. Gertrud, qui vivait une période Marilyn très torturée, ne lui laissait pas une minute de répit dans la journée. Alors que le petit, âgé seulement de quelques mois aurait mérité toutes les attentions, il demeurait dans son landau, souvent très sale, affamé, durant des heures.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/00/3edca491b0a67429b33277cec581bfd2.jpg&quot; id=&quot;media-94225&quot; alt=&quot;3edca491b0a67429b33277cec581bfd2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-94225&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; Ainsi, tandis que sa mère était occupée à essayer une robe, se faire coiffer ou recevoir un des nombreux lavements qu'elle demandait chaque jour, Gédéon déchirait l'atmosphère humide de sa petite chambre de ses hurlements stridents. À la fin excédée, Gertrud ordonnait parfois qu'on le nourrisse. Philomène retrouvait un enfant aux traits tirés , découvrant les marques que laisse l'abandon sur de si petits êtres. Paradoxalement, cela ne lui rendait pas le nourrisson plus sympathique, au contraire. Il doit exister, se disait Céline, une sorte d'atavisme chez l'homme, qui lui rend repoussantes les ordures de son voisin, exécrable le chien sans maître, détestable l'enfant rejeté par sa mère.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; La brave gouvernante finissait néanmoins toujours par s'occuper du change et du biberon, ce qui l'amenait sans broncher à passer de l'un à l'autre de ses &quot;petits&quot; jusqu'à ce que tout fut en ordre. Les journées étaient longues, les nuits courtes et comme hâchées de lumière artificielle. &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/29/cadavres.html</guid> <title>dépouilles</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/29/cadavres.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu, 29 Nov 2007 18:00:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Durant ces longs moments de solitude, le prenaient des désirs de fuite. Cela ressemblait plus exactement à une soif d'absence. Simplement, il aurait voulu ne plus être là, à contempler la rue vague, confortablement, les mains posées sur un radiateur tiède.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Car c'était l'image de sa lâcheté, de son incapacité à agir sur les évènements qui se reflétait dans la vitre poussiéreuse. Il s'en imprégnait, amer, jusqu'à la nausée. De sa gorge qui se serrait très lentement montaient des relents douceâtres.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Philomène avait dû être une personne bien étrange, à en voir la production sur laquelle planchait Céline depuis peu. Après un rapide survol de l'ensemble des cahiers ramenés de Poitiers, un triste constat s'était imposé; le journal ne faisait mention d'aucune date. Et elle s'y perdait, dans ces longs paragraphes qui n'avaient certainement pas été composés au jour le jour, mais à diverses occasions, au détour d'une insomnie, d'un chagrin ... La vieille folle qui s'était épanchée sur ces feuillets, avec son écriture trop minutieuse, avait omis de donner le moindre indice sur ces instants particuliers où elle prenait la plume. Comme si ces pages n'avaient été destinées qu'à leur propre usage, noircies, elles demeuraient là, à exhiber leur calligraphie mystérieuse, des propos tenus à eux-mêmes.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Malgré les apparences, Céline tenait enfin l'ensemble des calepins pour ce qu'il était : un immense fatras dont il lui faudrait tirer un à un les fils emmêlés. L'entreprise s'annonçait longue et fastidieuse, d'autant que la jeune fille éprouvait ces jours-ci toutes les difficultés du monde à se concentrer sérieusement. Dans la salle de bains, enfermée à double tour, sa mère passait ses soirées. Lorsqu'elle n'émettait pas des sons parfaitement dégoûtants avec son estomac malade, elle tirait la chasse, ce qui entraînait une vibration incongrue qui se propageait des tuyaux aux murs, jusqu'à la fenêtre de sa chambre. Le verre fin, derrière le store baissé, battait un peu comme un gros coeur, une fois, puis deux. Si bien que la jeune fille excédée tentait chaque soir de couvrir toutes ces nuisances en écoutant la radio. Mais cela ne lui convenait pas vraiment. Elle aspirait au calme serein d'une bibliothèque. Si sa mère était malade, elle n'avait qu'à se soigner à la fin, au lieu de faire subir ses embarras à tout le monde ! Mais non, elle préférait répéter, l'air absent, que ça finirait bien par passer.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/26/a.html</guid> <title>alibis</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/26/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Mon, 26 Nov 2007 16:40:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Depuis leur retour, Céline passait tout son temps libre enfermée dans sa chambre, la radio branchée sur quelque soupe remixée au goût du jour. Quant à Christine, impossible de compter sur elle depuis sa rechute. La boulimie dont elle souffrait la jetait dans de telles angoisses qu'elle semblait en oublier le monde autour. On la voyait parfois errer, hagarde, entre la cuisine et les toilettes.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Gédéon aurait voulu se lamenter, mais il n'avait personne sur qui se répandre. Il avait attrapé froid, devait se soigner tout seul, ce qui enlevait toute douceur à ces états qui ne sont bons qu'à se blottir, la tête dans un giron familier, le soir, devant la télévision. De plus, au bureau, l'ambiance était très tendue, à cause de commandes qui étaient arrivées toutes en même temps. Les contrats avaient été décrochés à la chaîne; ça n'arrivait pas souvent. Au début, on avait sablé le champagne, les cravates dénouées, on dansait la farandole, il y avait du travail pour des mois! Assez vite, l'euphorie était retombée. Il était évident que l'on ne pourrait tout honorer dans les temps. Le cabinet avait eu les yeux plus gros que le ventre, comme il arrivait parfois. C'était aux employés comme Gédéon qu'on laissait le soin de tout digérer. Les heures s'empilaient jusqu'au plafond.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/02/00/13d7a78dd6581284eb2d405e80cffe98.jpg&quot; id=&quot;media-90250&quot; title=&quot;littérature&quot; alt=&quot;13d7a78dd6581284eb2d405e80cffe98.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-90250&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C'était à qui parviendrait à se délester de la moindre tâche sur un collègue. En faire le moins possible, arriver toujours dans les limites de l'horaire, ne pas traîner du côté de la machine à café pour ne pas risquer de croiser le patron; il avait toujours quelque papier à vous faire taper... &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; De quoi devenir dingue en somme. Mais Gédéon ne s'en sortait pas si mal, il avait connu quelques crises du genre. Il savait faire le dos rond en attendant que les choses se tassent. Les dossiers, l'écran et l'imprimante étaient ses seuls horizons. &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le soir, il rentrait très tard. Un repas froid l'attendait qui attestait qu'on avait pensé à lui. Dans la chambre, le plus souvent, elle dormait, et il n'avait qu'à s'installer sous les draps, sans un bruit. S'il entendait des pleurs depuis l'escalier, il rebroussait chemin, se plantait devant n'importe quoi, la télévision comme la fenêtre du salon, qui donnait sur la rue bordée de tilleuls, dont le bitume moite reflétait la lumière jaunâtre d'orbes plantés ça et là sur quelques poteaux. Cela durait parfois une heure, parfois plus... &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/23/pupille1.html</guid> <title>Pupille</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/23/pupille1.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Fri, 23 Nov 2007 23:55:00 +0100</pubDate> <description> En glissant les mains loin sous le sommier, elle réussit à attraper le bord de ce qui semblait bien être une boîte. Mais le poids de celle-ci la surprit, et le carton rompit de part et d'autre de ses doigts au moment où elle tirait dessus. &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la cuisine, où il se préparait un café en songeant à la silhouette entraperçue dans une rue de Poitiers, Gédéon vit entrer Céline, son grand sac à main en bandoulière.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Où vas-tu comme ça, petite? Il la regardait par en dessous, un sourcil plus arqué que l'autre, comme il aimait à le faire. Il se prenait un peu pour un acteur américain dans ses oeuvres.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/01/7af70497a8a4a86020f8f3c83dff4427.jpg&quot; id=&quot;media-88771&quot; alt=&quot;7af70497a8a4a86020f8f3c83dff4427.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-88771&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Enfin Papa! rétorqua-t-elle froidement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle le savait mal à l'aise sur certains sujets.&amp;nbsp; Elle grandissait vite, et, de plus en plus souvent, il était bien forcé de prendre en compte le fait qu'il s'adressait à une adulte. Très souvent. Bientôt il pourrait lui parler de choses.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Dis, demanda-t-elle en se retournant, la dame qui habitait ici...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Philomène? &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Oui... Où est-ce qu'elle.. Où a-t-elle...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—À l'hôpital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Oh. Je vois...&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il se méprenait sans doute, mais elle avait presque l'air déçue. Peut-être était-elle plus mûre qu'il ne le pensait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans la caisse qu'elle avait réussi à dégager, elle avait découvert une collection de petits calepins à la couverture de cuir noir. Il y en avait cinquante, peut-être plus, tous parfaitement identiques, rangés dans ce vieux carton que l'humidité avait ramolli. Céline rayonnait. Elle avait trouvé quelque chose, malgré tout. Sous ses doigts elle frottait quelques taches de moisissure, sentait le vieux cuir lisse glisser comme peu de surfaces. Là dessous, un nombre incalculable de pages manuscrites, d'une écriture propre et serrée. Le journal de Philomène, à première vue, devait couvrir une quarantaine d'années. Elle éprouvait une peur panique à l'idée que son sac ne puisse pas tout contenir.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/19/papier.html</guid> <title>Papier</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/19/papier.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Mon, 19 Nov 2007 21:25:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le soir venait, et Céline triait encore de vieilles robes noires, en pensant à la pélerine de l'abbé Pierre. Dans la petite chambre, il y avait pour toute fenêtre une lucarne au verre dépoli qui lui rappelait celle des toilettes, à la maison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Demain, pour la toussaint, ils iraient sans doute porter deux bouquets de chrysanthèmes au cimetière de Poitiers. Gédéon avait toujours eu un sens des convenances bien à lui. Jamais il n'avait négligé d'envoyer ne serait-ce qu'un mot pour l'anniversaire de sa mère. Aussi, lorsqu'il trouva, en ouvrant une petite boîte de bois précieux, une liasse de ces billets au style pour le moins laconique&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/02/4673cfa30c9c974addb9274413298704.jpg&quot; id=&quot;media-86195&quot; alt=&quot;4673cfa30c9c974addb9274413298704.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;Il écrasa une grosse larme sur sa joue, en songeant à chacun de ces jours où, en arrivant au boulot, il avait tiré un petit bout de canson de sous son pot à crayon pour écrire à sa mère. Amer, il se demandait d'où lui venait cette manière_ô combien étrange, il le savait_ qu'il avait de toujours chercher au fond de sa poche la plus petite de ses pièces, avant d'en faire l'aumône.&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;Pendant ce temps, dans l'ombre de la cellule où elle était seule, Céline, qui trouvait incohérente l'absence de papier sur un bureau par ailleurs très fourni en stylos, plumes, crayons entre autre matériel de calligraphie, s'était résolue à se mettre à quatre pattes afin se scruter, s'il lui était possible, le dessous du lit de la morte. Il lui semblait voir quelque chose, un carton à chaussures peut-être. &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/15/grabat.html</guid> <title>grabat</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/15/grabat.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu, 15 Nov 2007 21:40:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;—Tu mets les vêtements dans ce grand sac. On videra les tiroirs à chaussettes à part. ça partira avec les ordures. Tous les bibelots restent ici, tu n'y touches pas. Compris?&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Gédéon avait lancé un regard lourd de menaces à sa fille.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;—D'accord.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Quel ennui sordide! Elle s'était imaginée en train de parcourir les pièces une à une, avec à ses côtés son père évoquant des souvenirs, des confidences attendries. Au lieu de ça, il l'avait directement mise au travail , avec son affabilité habituelle. Elle avait déjà vidé un débarras de son capharnaüm. Rien d'exotique, ni de très personnel. Des balais, des serpillères, des seaux, un assortiment assez fourni de détergents... Elle ne risquait pas de trouver son bonheur au milieu des torchons. Tout était parti à la poubelle. Et une matinée en fumée.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Si ça continuait comme ça, elle ne trouverait rien de ce qu'elle était venue chercher. Gédéon ne l'aiderait pas, elle s'était trompée en imaginant qu'il l'avait laissée venir pour sa bonne conscience. Elle avait vu la maison, voilà. Céline ne pouvait que rester coite devant l'ardeur qu'il mettait à liquider son histoire. Il avait décidé de vider les lieux pièce par pièce, espérant sans doute effacer le tout comme on noircit les cases sur une grille. Il était très tendu.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La chambre de Philomène était une pièce guère plus grande que le réduit de tout à l'heure. Il n'y avait qu'un petit bureau orné de quelques photos, une armoire pleine. Elle réalisa avec un certain effroi qu'il y avait un petit lit, très bas, qu'on aurait plutôt attendu dans un monastère, juste dans le coin derrière la porte. Sans doute la vieille dame y était-elle morte. Un frisson parcourait le dos de la jeune fille tandis qu'elle observait la couverture brune disposée à même le matelas.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/02/d973a3e5418bde662356ca4cfb816328.jpg&quot; id=&quot;media-83973&quot; alt=&quot;d973a3e5418bde662356ca4cfb816328.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-83973&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;C'était très bizarre. Tout était trop bien ajusté, pas comme pour dormir dedans. Quelqu'un avait fait le lit après, avait lissé les plis sur la couverture, s'était occupé de cette tâche avec soin. Céline était fascinée par cette découverte. Pour la première fois elle entrevoyait l'existence de rituels autour du décès. &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/13/entonnoir.html</guid> <title>entonnoir</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/13/entonnoir.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Tue, 13 Nov 2007 21:10:00 +0100</pubDate> <description> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/02/02/401f3037648d892d5b263993458fb90a.jpg&quot; id=&quot;media-82585&quot; alt=&quot;401f3037648d892d5b263993458fb90a.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-82585&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; —Bonsoir! qu'est-ce que je vous sers? &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; —Trois croissants...deux pains au chocolat, deux éclairs au café et, voyons... il vous reste des sandwiches? &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; —Jambon fromage. &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; —C'est de l'Emmental? &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;—non, du Jura &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; —... &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; —C'est presque pareil, regardez... &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; —Je vous en prends un alors. &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; —Ce sera tout? &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Christine ne pouvait pas résister à ce genre de question. Elle avait scruté les vitrines d'un oeil expert.&lt;br /&gt; —Mettez-moi cette part de tarte, là.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Et la voilà qui s'empiffrait, assise à la table de la cuisine, seule. Elle s'inquiétait. Depuis combien de temps elle n'avait plus fait ce genre de crise? Elle ne se rappelait plus très bien la dernière. Souvent, certaines sessions mémorables, tant par les aliments que par les quantités lui revenaient comme des flashes.&lt;br /&gt; Et il fallait que ça lui retombe dessus, alors qu'elle s'était imaginé, à force, être sortie de quelque part...&lt;br /&gt; En sortant du travail, ce soir, elle n'avait pas pris la peine de réfléchir, et presque sans s'en être rendue compte, elle avait dévalisé la petite boulangerie du quartier. Personne à la maison depuis deux jours; sans doute était-ce simplement un peu d'ennui qui la tracassait. Elle fronça les sourcils sur son éclair, en se disant que, tout de même, ils auraient pu appeler. Pour donner des nouvelles, dire que tout va bien...que sais-je?&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Dire qu'elle avait convaincu Gédéon, à grands coups de menaces, de prières, d'emmener sa fille à Poitiers. Après tout, c'était l'unique occasion pour elle d'entrevoir quelques détails de ce passé, enfoui en même temps que ses rares témoins. Christine savait pertinemment que Gédéon ne parlerait jamais de lui-même. Elle avait presque été surprise qu'il cède. Peut-être ne le connaissait-elle pas aussi bien qu'elle se l'imaginait? Elle soupira. Rien de tel qu'une débauche de pâtisseries pour réfléchir un peu.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/08/gue.html</guid> <title>Gué</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/08/gue.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu,  8 Nov 2007 22:00:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;—Qu'est-ce qu'on fait maintenant?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Céline ne savait visiblement plus où donner de la tête. En entrant dans le grand salon, elle s'était tassée sur elle-même, comme l'aurait fait un manutentionnaire en entrant dans le bureau de son patron. Et maintenant, Gédéon s'amusait à la voir tourner en tous sens, bousculer un guéridon puis se raidir, enfin ne plus savoir que faire de sa propre présence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Fais gaffe à la table, c'est une pièce de musée. Il jubilait&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/02/1de973f371f573c7ca7decd3f0eddbaa.jpg&quot; id=&quot;media-79531&quot; alt=&quot;1de973f371f573c7ca7decd3f0eddbaa.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;—D'accord, je ne bouge plus, tu me dis où aller!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—ça va, je plaisante! Il posa la main sur l'épaule de sa fille, complètement crispée. Détends-toi! ce sont juste des babioles. Viens, on va aller récupérer quelques bricoles dans ma chambre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C'était une pièce assez petite, très humide. Il n'y avait guère qu'un lit, une armoire. Sur la table de chevet était posée une vieille lampe dont l'abat-jour rose semblait sorti d'un bal gothique. C'était une chambre que l'occupant n'avait jamais aménagé. Il y dormait, voilà tout. Au mur, à peine avat-il punaisé la photo d'une voiture. Gédéon la décrocha avant de la fourrer dans sa poche. Puis il s'agenouilla près du lit, et tira d'en dessous une large caisse de bois. À l'intérieur s'entassaient des revues, quelques bandes dessinées, des jouets.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/06/repos.html</guid> <title>repos</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/11/06/repos.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Tue,  6 Nov 2007 22:10:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Enfin dehors! Gédéon soufflait un peu, après avoir perdu sa matinée en paperasses. Ce satané notaire lui avait donné un compte-rendu des plus méticuleux sur ses possessions, et si au début cela était passé pour du zèle, ça avait fini par tourner à l'acharnement.&amp;nbsp; Jamais il n'avait imaginé que l'on puisse dresser un inventaire aussi complet des bibelots présents dans une maison. Bon... Il s'agissait en réalité d'un peu plus que des bibelots, d'après leur valeur. Quand il y songeait , tous ces tableaux, vases, oeufs... tous ces objets étranges au milieu desquels il avait grandi, sans jamais se douter que certains d'entre eux, uniques, méritaient un contrat d'assurance ! Oui, Gédéon savait qu'il était l'unique descendant d'une famille au nom illustre. Jamais il n'avait imaginé ceci. Et malgré les explications qu'on lui avait données, il comprenait mal comment on avait pu réduire le patrimoine de son grand-père à une invraisemblable collection accumulée en vrac dans une seule demeure. Ce n'était pas vraiment l'important. Il ne saurait sans doute jamais pourquoi ses grands-parents avaient joué les absents, au point de ne lui être que des visages sur quelques photographies.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Avec le recul, il commençait à se poser certaines questions. En premier lieu, il se demandait évidemment quel crime avait pu commettre Gertrud, pour mériter&amp;nbsp; d'être abandonnée de ses parents. Ensuite, comment l'idée de dilapider tout son héritage en retour avait pu aboutir à cet extraordinaire empilement d'objets de luxe. Comment Philomène avait-elle pu la laisser faire, elle, tellement dévouée à la famille? Peut-être s'était-elle sentie abandonnée elle aussi. En sortant du parking, la vieille Ford hoqueta. Une fois toutes ces histoires bouclées, ventes, honoraires, il en changerait. Peut-être pour une voiture de luxe...&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il balançait entre cet état de béatitude cupide et un malaise au goût douceâtre_ on lui avait autrefois inculqué quelques rations de morale_ lorsqu'il arriva chez sa mère. Il entra au rez-de-chaussée, dans la cuisine où Philomène avait pour habitude de dîner, après avoir bordé Gertrud. Accoudée à la table, l'air blasé, Céline finissait de boire la brique de lait qu'elle avait emportée le matin pour la route. Elle plissait les yeux pour lire, sur le carton, les petits caractères.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Je vais allumer la chaudière, il fait un froid de canard là-dedans! Pourquoi tu ne m'as pas attendu dans le salon comme je t'avais dit?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;— J'osais pas entrer... Avec tous ces morts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle avait le chic pour l'embarrasser. Il resta interdit un long moment, à regarder avec un oeil plat sa fille, qu'il aurait voulu étrangler. Sans la tuer! Un peu comme dans les dessins animés, histoire de se détendre.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/31/a.html</guid> <title>absences</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/31/a.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Wed, 31 Oct 2007 11:45:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Gédéon songeait à Philomène, et comme il écoutait vaguement le récit de sa fin de vie, il réalisait que les origines de la gouvernante lui étaient parfaitement inconnues. Elle avait toujours été là; désormais elle reposait seule au fond d'un cimetière d'où elle serait expulsée dans moins d'un siècle.&amp;nbsp; Il se souvenait des paroles d' &lt;i&gt;Eleanor Rigby,&lt;/i&gt; avec un pincement au coeur réalisait dans quelle solitude il avait laissé la vieille dame.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; A l'enterrement de la pauvre Madame Philomène, il y avait le curé de sa paroisse, qui la connaissait bien. Il avait dû emmener quelques-unes de ses bigotes... Puis il y avait le notaire; ils avaient sympathisé autour de leur commune dévotion pour cette étrange famille qui était celle de Gédéon. Dans la voix de l'avoué, nul indice d'un quelconque reproche à son encontre. Il crut tout de même bon de justifier son absence, en rappelant que personne ne l'avait prévenu du décès de la gouvernante.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/02/ee5adcac542c54425444791a6bab580a.jpg&quot; id=&quot;media-74665&quot; alt=&quot;ee5adcac542c54425444791a6bab580a.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-74665&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il y eut un blanc dans la conversation. Plutôt douloureux. Parfois dans sa maladresse, Gédéon pouvait se montrer blessant. &amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/28/retours.html</guid> <title>retours</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/28/retours.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sun, 28 Oct 2007 21:35:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Devant la demeure où sa grand-mère était morte, Céline tuait le temps en poussant de petits tas de gravier blanc du bout de ses chaussures. C'était agréable, elle aurait pu patienter ainsi durant des heures. Gédéon lui avait pourtant laissé la clé en la déposant, avec la consigne d'entrer pour ne pas attraper froid. Au fond, elle préférait attendre qu'il revienne de chez le notaire. La perspective de pénétrer seule dans cet endroit lugubre ne l'enchantait pas. Non qu'elle ait été du genre à croire...&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/01/6e5bb659b5f3571fb56f5109c14723c9.jpg&quot; id=&quot;media-73047&quot; alt=&quot;6e5bb659b5f3571fb56f5109c14723c9.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Peut-être que si au fond, se disait-elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et elle tentait de s'occuper l'esprit à des pensées plus terre à terre. Après toutes ces années de silence, de secrets, Gédéon lui avait découvert son histoire en quelques heures. Elle avait un peu de mal à comprendre pourquoi, et cela ne l'intéressait que peu au demeurant. Elle allait enfin pouvoir se pencher sur le passé, maintenant qu'il ne restait plus que des objets pour témoigner. Sans doute le décès de Philomène, cette&amp;nbsp; mystérieuse dame qui avait élevé l'enfant de Gertrud y était pour quelque chose. La pauvre Philomène, avait dit Gédéon, dont la longue et triste existence s'était terminée dans la solitude. Il n'avait été averti de son décès qu'après son inhumation, par le notaire, l'une des rares personnes à l'avoir fréquentée dans ses derniers instants. Dans la lettre qu'il avait envoyée, l'homme de loi l'invitait à régler une affaire d'héritage qui n'avait que trop traîné.&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/25/pellicule.html</guid> <title>pellicule</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/25/pellicule.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu, 25 Oct 2007 17:55:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le vieux notaire, au costume de velours brun élimé, reçut la main de Gédéon l'air absent. Petit bonhomme préoccupé, il meublait à la perfection le fauteuil derrière son bureau.&amp;nbsp; Gédéon lui trouvait quelque chose de sale, un peu plus que poussiéreux, peut-être quelque peu moisi. De fait, l'étude sentait le renfermé. On ne devait pas souvent ouvrir les fenêtres derrière les lourds rideaux gris qui tombaient jusqu'au sol, donnant à l'étrange bureau quelques-uns des traits d'une chambre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&quot;Je suppose que vous n'êtes pas sans avoir pris connaissance des dernières volontés de votre mère...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gédéon, interloqué, laissa transparaître sa surprise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Oh excusez-moi. J'en oublie de vous présenter mes condoléances.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/00/f0638b8684261dc681dfbacac1a6a1cb.jpg&quot; id=&quot;media-71300&quot; alt=&quot;f0638b8684261dc681dfbacac1a6a1cb.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-71300&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Il prit un dossier plutôt volumineux et le leva légèrement, de manière à pouvoir le lire.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;—Et ne vous en faites pas... Madame Philomène et moi-même avions su la persuader de ne pas conditionner vos droits à la succession. Non... en dehors du fait que ce genre de dispositions touchent toujours aux limites de la légalité, j'ai toujours été convaincu qu'elles nuisaient beaucoup à ceux qui restent. Votre mère était une jeune femme bien malheureuse. Madame Philomène, paix à son âme, a eu bien de la peine elle aussi.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gédéon se sentait mal à l'aise.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/23/portes.html</guid> <title>portes</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/23/portes.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Tue, 23 Oct 2007 21:35:00 +0200</pubDate> <description> &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Au premier étage de l'immeuble, l'étude partageait le pallier avec le cabinet d'un astrologue. Gédéon éprouvait parfois un attrait volatil pour les sciences occultes. À la vue de la plaque dorée où était gravé le nom du mage, l'impression de toucher du bout des doigts à un univers où tout faisait sens lui donnait des frissons. Il goûtait ces émotions enfantines, lorsque derrière lui la porte s'ouvrit, comme animée d'un mouvement propre. Dans un silence d'huile, elle tourna sur ses gonds, laissant courir un filet d'air tiède.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/01/2ca8e48b472a7462ddda7d7c83c9ee3b.jpg&quot; id=&quot;media-70206&quot; alt=&quot;2ca8e48b472a7462ddda7d7c83c9ee3b.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-70206&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; Gédéon n'était plus un enfant. La femme qui l'avait élevé était morte, il allait surement devoir vendre la maison où il avait grandi pour payer les frais de succession: sa mère avait voué son existence à la dilapidation de la fortune familliale. Il se sentit soudain seul, les épaules lourdes.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &quot;Entrez, je vous prie&quot; fit une voix sans âge.&amp;nbsp; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/21/torve.html</guid> <title>Torve</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/21/torve.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sun, 21 Oct 2007 21:40:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C'était une matinée brumeuse. Le ciel bleu, au-dessus du brouillard, était comme une apparition lointaine. Pas de quoi inspirer la foi. Il devait être neuf heures: quelques volets dans la ruelle étaient ouverts. Sur le trottoir, une femme marchait tant bien que mal. Parfois elle titubait sur deux pas, puis se reprenait. Parfois elle semblait divaguer, hébétée à la vue de perspectives douteuses voire improbables. Quelques villes de province les ont érigé en figure d'une soif d'absolu, mâtinée de ces prudences qu'ailleurs on nomme veuleries.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/00/bef32f5fd7bd92d3323de83b1344cb4a.jpg&quot; id=&quot;media-68741&quot; alt=&quot;bef32f5fd7bd92d3323de83b1344cb4a.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-68741&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Derrière certaine vitre close_ le froid peut parfois se montrer mordant en automne, à Poitiers_ l'observait peut-être quelque vieille femme, en se demandant si ces pas de côté et ces entrechats engourdis étaient dûs à une ivresse, ou si, tristement seule, la dame n'était pas sur le point de succomber à un malaise.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;En passant devant le pas d'un ancien hôtel particulier, elle frôla l'épaule de Gédéon attendant patiemment qu'on lui ouvre la porte de chez le notaire. Il se retourna sur la personne qui l'avait presque bousculé; à la façon dont les jambes remplissaient les hautes bottes de cuir, et au roulis des hanches, il devina une quadragénaire, célibataire sans doute. La silhouette lui sortit de l'esprit lorsqu'il entendit claquer le verrou. Il entra dans une petite cour intérieure bordée de jardinières, où se mouraient des géraniums épars.&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/18/lettre.html</guid> <title>Timbres</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/18/lettre.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu, 18 Oct 2007 21:20:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il y avait du bruit en bas. Des haussements de tons inhabituels dans cette maison, quelques bousculades. Christine descendit, curieuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gédéon et sa fille ne parlaient pas souvent ensemble. L'esquive était en général leur seul mode de communication. Christine surprenait parfois son mari sortant de la pièce lorsqu'entrait Céline. Ce soir-là, ils se chamaillaient tous les deux, on aurait dit deux gosses. Céline avait relevé le courier. Elle avait trouvé dans la boîte une lettre expédiée à Poitiers, elle refusait de la donner à son père. Christine resta à l'écart. Pour une fois qu'elle n'avait pas à jouer les intermédiaires...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;— Allez, donne-moi ça.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gédéon n'était pas d'humeur à jouer, contrairement à sa fille. Elle voulait bien remettre l'enveloppe, à condition d'être informée de son contenu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;— C'est hors de question. Il n'y a rien là dedans qui te regarde. Non mais pour qui tu te prends? Je ne fouine pas dans tes affaires moi!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Céline soutenait malgré tout le regard glacé de son père. Dans ses yeux perlaient de petites larmes, elle s'efforçait de les retenir tandis qu'il débitait de ces inepties dont lui seul avait le secret.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;—Tu me fatigues à la fin... Je ne sais pas ce que tu as en ce moment, mais il te passe de drôles d'idées par la tête.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La jeune fille lâchait prise. Gédéon lui prit le papier des mains.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/00/3429584f8fcb8782be9d3715447b6bf3.jpg&quot; id=&quot;media-66977&quot; alt=&quot;3429584f8fcb8782be9d3715447b6bf3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-66977&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; Elle esquissait un dernier mouvement pour s'approcher, mais lui, à la manière d'un enfant qui refuse de prêter, éloigna l'objet de la dispute d'un geste vif. L'adolescente, visiblement&amp;nbsp; blessée, s'en retourna en haussant les épaules. Christine allait devoir recoller les morceaux. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/15/houle.html</guid> <title>houle</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/15/houle.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Mon, 15 Oct 2007 16:20:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En rentrant chez elle ce soir-là, Christine trouva sa fille dans le salon, occupée à feuilleter un catalogue. Dans la cuisine, Gédéon rongeait un morceau de pain histoire de patienter jusqu'au repas. Elle monta directement dans la salle de bain. Avant toute chose, en rentrant le soir, elle se démaquillait. Toute la journée elle devait supporter et entretenir cette composition de fards qui lui faisaient la peau bien lisse. Au fil des heures, il lui semblait que le maquillage se chargeait de poussières, absorbait les odeurs, les parfums, toutes les particules au contact desquelles elle finissait par se sentir sale. Les clients de l'agence de voyage où elle travaillait étaient rarement désagréables mais chacun d'entre eux laissait comme une infime signature de son passage sur elle, qui un postillon, qui une odeur de tabac... À la fin, imprégnée de ces foules, elle se sentait prise au piège, asphyxiée.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/02/a0e1e7d8302b50e5a4319ec8f5260ac7.jpg&quot; id=&quot;media-64668&quot; alt=&quot;a0e1e7d8302b50e5a4319ec8f5260ac7.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-64668&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Souvent elle évoquait avec plaisir ses débuts, l'élaboration de ces ornements qu'elle portait comme un uniforme, qui lui donnait une allure si professionnelle. Aujourd'hui, comme tout s'use,&amp;nbsp; seule demeurait la trame d'origine, le reste n'était que rapiéçage. d'ici quelques années on lui confierait enfin la gestion de l'agence, elle laisserait avec plaisir sa place à la peau moins flasque d'une jeune diplômée. À son miroir elle s'absorbait dans la contemplation de ses yeux, dans le vert desquels elle retrouvait un peu de ce qui avait été rêvé.&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/11/nappe.html</guid> <title>habitée</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/11/nappe.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu, 11 Oct 2007 22:00:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Au premier abord, la télévision du matin est toujours décevante. C'est un pot-pourri de tout ce qui se fait de plus bâclé. Deux tranches de séries poussives aux acteurs décatis surmontées d'une émission sur l'actualité des stars. Au milieu de ce triste sandwich, un magazine pour les mères au foyer, et un autre, peuplé de truffes bien dévotes pour celle qui n'ont pas encore pondu.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/00/00/b4c9017187f316f386161d92693d068a.jpg&quot; id=&quot;media-62391&quot; alt=&quot;b4c9017187f316f386161d92693d068a.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-62391&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Céline s'ennuyait, elle commençait à regretter de ne pas être retourné en cours ce matin. Elle n'avait pas si mal après tout... &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; Les teintes pâles des plateaux lui donnaient envie d'y mettre du sel. Ou du ketchup...&lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Peu à peu, la lassitude l'étourdissait. Sur ses épaules un abattement sans réel objet; dans le salon autour d'elle se reflétait toute la vacuité&amp;nbsp; de ces scènes sans spectateurs où ne se jouait rien. Dans son univers de meubles inhabités, elle était seule devant le poste, et les femmes qui s'adressaient à elle avaient du mal à croire que quelqu'un les écoutait. Elle se doutait vaguement que cette tristesse était celle du retraité, du sans emploi. La désolation d'une existence désertée cherchant vainement un appui, une justification dans ce rapport étrange. Le besoin d'uriner se fit enfin sentir, et elle réussit à s'extirper de sa contemplation vertigineuse.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/09/esprit.html</guid> <title>Esprit</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/09/esprit.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Tue,  9 Oct 2007 21:45:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/02/cc6b00743df958b337a8992081f05ebf.jpg&quot; id=&quot;media-60905&quot; alt=&quot;cc6b00743df958b337a8992081f05ebf.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-60905&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;La lecture de ces vers au sens desquels elle ne parvenait pas à s'attacher lui évoquait le visage d'un inconnu. Peut-être croisé au détour d'une promenade estivale. En regardant par la lucarne au verre dépoli, elle devinait un ciel indécis laissant filtrer ci et là quelque rai de soleil. Quelles clartés louches dans l'oeil de l'ivrogne... Maintenant qu'elle y pensait, elle avait du mal à se rappeler un seul moment agréable dans ses vacances. Elle avait cherché à tromper de mille façons l'ennui, la solitude. Elle avait soif soudain, et se demanda si le frigo ne renfermait pas une bouteille entamée. Elle se ravisa, et comme le climat était à l'amer, elle se tira une langue pointue dans le miroir. En descendant au salon, elle prit la peine de ranger le recueil obscène à sa place dans la bibliothèque. Elle s'affala ensuite sur le sofa. Peut-être trouverait-elle un film ou quelque chose de ressemblant _ l'épopée glorieuse d'un unijambiste à vélo par exemple _ pour la distraire. Peut-on dire du vin qu'il est un filtre?&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/07/fontaine.html</guid> <title>Fontaine</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/07/fontaine.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Sun,  7 Oct 2007 22:40:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tous les jours c'était la même histoire. Dès qu'il sortait de chez lui, le chien des voisins se jetait sur le grillage pour aboyer. Gédéon avait toujours laissé courir. Il ne tenait pas à s'embarquer dans des querelles à n'en plus finir. Alors il endurait ce cirque tous les matins, doutant toujours un peu plus du bien fondé de son attitude. Peut-être était-il tout simplement un peu lâche, un peu feignant. Après tout, maintenant, tout le voisinage s'était habitué, il n'était de toute façon plus temps d'agir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ferma la porte de sa maison qui ressemblait à toutes celles du quartier. Tout était identique, de la couleur du crépi à la taille du jardin. Un alignement parfait ; entre deux murs seule une bande de pelouse que tranchait en son milieu un grillage. Dans l'intervale les jappements heurtaient le béton; ça résonnait comme dans la tête d'un fou.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/00/89c7069d9fd007d4d692be9b9aed2b51.jpg&quot; id=&quot;media-59426&quot; alt=&quot;89c7069d9fd007d4d692be9b9aed2b51.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-59426&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; Ce matin, le bruit réveilla Céline, qui dormait encore lorsque son père claqua la porte. Elle ouvrit un oeil blasé, et grimaça lorsque l'odeur d'omelette qui remontait de la cuisine vint chatouiller ses narines. Elle qui ne pouvait rien avaler le matin... &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; Après avoir enfilé un jogging gris et un t-shirt vert, accoutrement adéquat pour une journée de déambulation domestique, elle se rendit à la salle de bains. Depuis deux jours, elle était tenue à l'écart de sa passionnante vie lycéenne par une méchante cystite. Son emploi du temps se résumait à des aller-retours incessants entre le salon et les toilettes. La maison était vide ; tout le monde parti au travail, elle goûtait finalement un peu de repos. Elle en profitait pour se replonger dans la lecture de quelques poètes. Les pieds nus sur le carrelage, elle attendait que passe la douleur en butant sur une strophe de Baudelaire. Elle passait et repassait le doigt sur la page mince d'un bouquin usé:&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;i&gt;J'ai demandé souvent à des vins capiteux&lt;/i&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;i&gt;D'endormir pour un jour la terreur qui me mine;&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;i&gt;Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine!&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/04/platine.html</guid> <title>Platine</title> <link>http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/archive/2007/10/04/platine.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (wazo)</author>   <category>Gédéon</category>   <pubDate>Thu,  4 Oct 2007 22:45:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il avait encore trop lambiné devant la télé la veille; il lui faudrait du temps pour émerger ce matin. En jetant un oeil dehors, il constata que les prévisions annonçant une radieuse journée d'automne seraient sans aucun doute démenties. Il soupira; des questions l'assaillaient régulièrement quant à ce besoin qu'il éprouvait de regarder systématiquement la météo_ la dernière de la soirée_ avant d'aller au lit.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il ne pensait plus à Gertrud et Philomène depuis un certain temps et si, lorsqu'il était seul lui remontaient parfois en flots indomptables toutes les horreurs qu'il aurait aimé faire subir à sa mère, tant s'activaient en sourdine les émotions déclenchées par son décès et cet étrange testament, la plupart du temps il n'y pensait tout simplement pas. Il avait autre chose à faire, se laissait emporter par ce quotidien qui était le sien. Il avait ses tracas de personne normale. Sa fille qui n'allait pas très bien; quoi de plus banal à son âge? Sa femme était fatiguée de lui un jour sur deux, le traitait d'insensible. Souvent il avait envie de se cacher, mais se contentait de se faire tout petit en attendant que les choses se tassent. Le soir, il restait des heures devant la télévision, finissait presque invariablement par somnoler devant &lt;i&gt;Très chasse.&lt;/i&gt; Alors il sentait l'air se rafraîchir, se décidait à s'arracher du canapé pour aller se blottir sous la couverture. Une routine qui le rassurait au fond. Mais les réveils étaient pour le moins laborieux.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/02/02/ed79a19c8405246bd513322a5dfc6370.jpg&quot; id=&quot;media-57560&quot; alt=&quot;ed79a19c8405246bd513322a5dfc6370.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-57560&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;En plus de ça, ce matin quelque chose le contrariait. Il avait remarqué une anomalie dans la cuisson de son oeuf. C'est-à-dire pas exactement de tout l'oeuf mais d'une partie seulement. Le blanc en dessous avait bien pris sa teinte d'ivoire, le jaune pochait tout à fait convenablement. Mais autour de la petite sphère il semblait bien qu'une certaine quantité d'albumine s'obstinait à demeurer translucide. Peut-être était-ce l'effet d'un entassement trop compact. Il n'aurait sans doute pas dû allumer le gaz avant de casser l'oeuf. Te toute évidence, ce dernier n'avait pas eu l'occasion de dûment s'étaler, le mouvement ayant été comme brisé par une châleur trop importante.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; Il ne supportait que difficilement l'idée de devoir avaler cette chose moitié crue. Ce petit monticule gluant, aussi obstiné à certir son jaune qu'une huître à demeurer dans sa coquille l'intriguait.&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://wazo-atelierd-utopies.blogspirit.com/media/01/00/50c48fd3a3b146017b289d85e924656a.jpg&quot; id=&quot;media-57580&quot; alt=&quot;50c48fd3a3b146017b289d85e924656a.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-57580&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;