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10 février 2008

récréation

    Et dans les premiers temps de sa réapparition, il se montra changé aux yeux de Philomène . Il n'évoqua pas Amilcar, se contenta de complimenter Gertrud sur sa bonne mine, l'enjoignant à sortir.  Le temps était clément, le jardin à un pas seulement, et elle était restée enfermée si longtemps!

Même si son ton mielleux horripilait toujours la vieille femme, elle se réjouissait de tels progrès dans l'attitude de l'intrus. D'autant, nota-t-elle, qu'il lui adressait désormais directement la parole. Rien de très éloquent, seulement un bonjour, un signe de tête, mais qui donnaient enfin à Philomène l'impression d'exister au-delà de sa fonction. 

Il était arrivé les bras chargés de présents, robes, chassures, et demandait sans cesse à Gertrud de les enfiler, laissait échapper parfois un sifflet admiratif à la limite du vulgaire. Mais il se reprenait toujours à temps. Il semblait prendre un plaisir innocent à observer les métamorphoses de sa protégée, on aurait dit un enfant jouant à la poupée.