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02 février 2008
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Autour d'un nouveau-né se presse systématiquement une foule de personnes, mues par une conformation d'esprit atavique sans doute, qui, bon an mal an se disperse au bout de quelques semaines. L'obscur désir d'être confronté à cette fraîcheur incarnée là, sur le visage du poupon, attire cette nuée bienveillante. Une curiosité presque malsaine à l'égard de Gertrud avait aussi conduit un bon nombre de cousines, de connaissances, bien plus intéressées par la découverte de l'expression physique des déboires conjugaux les plus lamentables que par la vision _horrifique aux yeux de certaines_ d'un landau au fond duquel s'agitaient par intermittence de petits doigts boudinés sous un faciès grimaçant.
Gédéon dans son berceau gisait, auréolé d'un nimbe louche.

Philomène relevait son désarroi au sujet de la pilosité extravagante du nourrisson. Sans se résoudre à tailler les soies qui lui sortait des oreilles, elle tentait tant bien que mal de les dissimuler à l'attention du plus grand nombre. On ne cessait de remarquer cette singularité, ce qui la désespérait visiblement. Décidément, ce petit n'avait rien d'une personne conciliante.
22:15 Publié dans Gédéon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, litterature, roman