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17 janvier 2008
torpeur
Il était revenu, plusieurs fois. Son attitude à l'égard de Philomène la mettait hors d'elle. Il l'ignorait superbement, ne lui adressant jamais la parole, ne la gratifiant pas même d'un regard. Son oeil large à l'accent narquois, s'arrondissait et passait sur elle comme sur une tapisserie quelconque.
Au fil du temps, ses visites se rapprochaient, il entrait chez Gertrud sans même frapper, la trouvant parfois à moitié habillée. Alors il s'asseyait à côté d'elle et lui racontait quelqu'histoire à dormir debout au sujet d'Amilcar et de son amour toujours vivant. Tout le monde savait très bien que le mari de Gertrud n'éprouvait pour elle que du mépris. Mais elle, elle préférait écouter "oncle Oscar", qui lui remplissait la tête de balivernes, de rêveries dont elle n’avait aucun besoin dans son état.
Le soir, lorsqu’il s’en allait enfin, elle assommait la pauvre Philomène avec ses "mon Amilcar m'aime, j'en suis sûre maintenant", ses "il me reviendra".
La gouvernante avait même songé à rendre son tablier, lorsqu'il lui fallut préparer une chambre pour le "tonton", la première nuit où il resta. Mais elle tint bon, elle n'aurait pas supporté d'abandonner sa protégée à cet individu. Elle supportait tout, il s'installa peu à peu à domicile, mangeait, dormait, et tournait la tête de la jeune femme. De temps à autre, il prenait son auto et on ne le voyait plus de quelques jours. Il revenait avec de nouvelles histoires.
21:10 Publié dans Gédéon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, litterature, roman