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15 janvier 2008

vertiges

    Un après-midi qu'elle rentrait de Poitiers où elle était partie pour quelques course, Philomène faillit tomber de sa bicyclette en apercevant, garée devant la maison, à moins d'un mètre des portes, une de ces grosses voitures de m'as-tu-vu dont la vulgarité n'avait d'égale que la bouffissure qui caractérisait l'égo de leurs propriétaires. (sans doute l'âpreté de ces jugements avait à voir avec une profonde solitude éprouvée par Philomène)

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    Le malotru n'ayant évidemment pas été invité, elle se demandait qui se cachait derrière cette visite surprise, à quelques semaines de l'accouchement de Gertrud. Elle ne se l'avouait pas tout à fait, mais un espoir très ténu l'avait pincée durant un bref instant. 

    Les pensées se bousculaient tandis qu'elle accourait auprès de sa jeune maîtresse. L'individu, qui s'était introduit sans autorisation jusqu'à son chevet, lui tenait la main en lui parlant tout bas lorsque la gouvernante fit irruption dans la chambre, furieuse. Lorsqu'il se retourna pour la saluer, elle reconnut avec surprise un vague cousin de la famille, qui se faisait appeler Oscar. Sans avoir la moindre idée de ce qu'il était venu faire en ce lieu, elle conçut pour lui une aversion profonde, marquée de la certitude qu'un quasi inconnu de quarante ans passés n'a rien à faire dans la chambre d'une jeune parturiente. 

    Mais Philomène avait dû s'incliner devant la mine réjouie de Gertrud, à qui cette visite semblait avoir changé les idées. De toute façon, notait-elle, elle n'avait pas son mot à dire, en tant que domestique, sur les fréquentations de sa protégée.