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08 janvier 2008
verrou
Le chauffeur lui avait adressé la parole, et Gédéon s'était contenté de lui tendre son papier. Après une moue et un regard dans le rétroviseur, la mise en route du compteur, la voiture démarra.
Un long moment passa, durant lequel Gédéon eut tout loisir d'observer le cuir chevelu de son guide, qui le regardait parfois en tentant un mot ou deux. Comme il n'obtenait aucune réponse, il finit par se renfrogner totalement. En s'arrêtant devant une haute maison en bordure d'un canal, il dit encore quelques mots; Gédéon crut comprendre qu'il était arrivé. Il bafouilla un petit "merci" et le taxi lui soutira soixante euros.
C'était bien sa veine ! À côté de la porte il n'y avait nulle sonnette, mais un interphone. Il tergiversait pour déterminer quelle serait la meilleure conduite à tenir. Il prit finallement le parti de s'exprimer comme si de rien n'était, ce qui lui sembla sur le coup tout à fait judicieux.
Quand une voix de vieille femme répondit à son appel, il se contenta donc de bredouiller tant bien que mal qu'il était de la famille de monsieur Oscar, qu'il venait de France pour lui rendre visite. la porte s'ouvrit sans plus de commentaires.
Il monta un étage avant de rencontrer une dame âgée en habit de nurse qui lui faisait signe. Elle l'introduisit dans un salon dont l'agencement lui rappelait étrangement des images de son enfance. Des objets d'antiquaire exhibaient leurs dorures mates entre deux livres sur une bibliothèque pompeuse, un fauteuil aux accoudoirs trop élevés pour être confortables trônait au milieu de la pièce. Il n'avait même pas remarqué la présence du vieil homme à côté de lui, devant la cheminée.

21:30 Publié dans Gédéon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, litterature, roman