« vagues | Page d'accueil | verrou »
06 janvier 2008
taxi
Gédéon comptait le nombre de fois où il était sorti de son pays, ce qui tenait dans les doigts d'une main. Le wagon dans lequel il voyageait était peuplé de petits groupes qui discutaient calmement. Progressivement, Gédéon s'en apercevait, les propos qu'il n'entendait que vaguement perdaient de leur sens pour prendre l'aspect d'un brouhaha confus. Une sueur froide le saisit lorsqu'il réalisa que plus personne ne parlait sa langue autour de lui. C'était un aspect du voyage qu'il avait négligé jusqu'ici. Il se sentait seul, avec les trois mots d'anglais qu'il avait appris à l'école. Il regrettait presque d'être parti si vite. ll aurait préféré réfléchir à la stratégie à adopter pour rencontrer l'oncle Oscar. Mais Christine lui avait échauffé l'esprit avec son fiel, et maintenant il allait se perdre à Amsterdam avec pour tout guide une adresse écrite à la va-vite sur un post-it, héritage de sa mère. Maintenant, il se demandait bien ce qui lui avait pris de partir sur les traces d'Amilcar. N'importe quoi. Et pour qui le prendrait l'oncle Oscar ? Sans doute ce vieil homme dont il ne gardait qu'un très lointain souvenir refuserait d'écouter les élucubrations d'un illuminé en quête d'une figure paternelle...
Plus il doutait du bien fondé de sa démarche, et plus il se sentait ridicule, assis là au milieu de tous ces gens, comme un intrus.
La gare d'Amsterdam était immense. L'angoisse en augmentait encore les dimensions. Car ses sueurs s'étaient muées en tremblements, il avançait comme aveuglé par le flot d'informations incongrues, bousculait une personne, reculait pour s'excuser puis en bousculait une autre... Enfin il trouva la sortie. Il cherchait partout le mot taxi.
21:30 Publié dans Gédéon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, litterature, roman