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19 décembre 2007
Estampe
Petit à petit, des bribes s'ajoutaient à d'autres, s'emberlificotaient, devenaient des fils que Céline démêlait tant bien que mal. Et chaque jour elle s'absorbait un peu plus longtemps dans ses lectures. Elle poursuivait une anecdote à saute-page, renonçait, la retrouvait plus loin, puis passait à un autre objet. Sur son lit étalés, les cahiers de Philomène dormaient ouverts avec elle. Il lui semblaient désormais presque inépuisables, regorgeant de portes, de couloirs dans lesquels elle s'aventurait. Souvent, elle entrait avec Philomène dans la cuisine de la vieille demeure, pour ressortir par une trappe au grenier, une fenêtre ou le soupirail de la cave.
Mais rien jusque là n'avait attiré son attention autant que l'étrange monsieur qui était apparu quelques jours plus tôt, tandis que la gouvernante de Gertrud était sortie pour quelque course. D'abord surprise de trouver mention d'une personne extérieure à la maison dans ces pages, Céline fut très vite intriguée par l'animosité qu'il semblait éveiller chez la vieille dame, sous la plume de laquelle elle découvrait des mots bien grossiers, pour une fois. La présence d'un tel individu inquiétait Philomène. Céline, intriguée, avait dû se résoudre pour mener à bien ses recherches à ouvrir des cahiers d'abord laissés de côté. Après tout, elle était un peu lasse du relevé monotone auquel elle s'était livrée jusqu'ici, qui concernait uniquement les références à son père, enfant triste et ennuyeux pour lequel elle-même n'éprouvait que peu d'affection. Elle venait vraisemblablement de mettre la main sur du croustillant, se décida sans peine à laisser là pleurnicher Gédéon pour s'intéresser à l'oncle Oscar.
21:10 Publié dans Gédéon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, litterature, roman