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15 novembre 2007

grabat

—Tu mets les vêtements dans ce grand sac. On videra les tiroirs à chaussettes à part. ça partira avec les ordures. Tous les bibelots restent ici, tu n'y touches pas. Compris?

Gédéon avait lancé un regard lourd de menaces à sa fille.

—D'accord.

Quel ennui sordide! Elle s'était imaginée en train de parcourir les pièces une à une, avec à ses côtés son père évoquant des souvenirs, des confidences attendries. Au lieu de ça, il l'avait directement mise au travail , avec son affabilité habituelle. Elle avait déjà vidé un débarras de son capharnaüm. Rien d'exotique, ni de très personnel. Des balais, des serpillères, des seaux, un assortiment assez fourni de détergents... Elle ne risquait pas de trouver son bonheur au milieu des torchons. Tout était parti à la poubelle. Et une matinée en fumée.

    Si ça continuait comme ça, elle ne trouverait rien de ce qu'elle était venue chercher. Gédéon ne l'aiderait pas, elle s'était trompée en imaginant qu'il l'avait laissée venir pour sa bonne conscience. Elle avait vu la maison, voilà. Céline ne pouvait que rester coite devant l'ardeur qu'il mettait à liquider son histoire. Il avait décidé de vider les lieux pièce par pièce, espérant sans doute effacer le tout comme on noircit les cases sur une grille. Il était très tendu. 

    La chambre de Philomène était une pièce guère plus grande que le réduit de tout à l'heure. Il n'y avait qu'un petit bureau orné de quelques photos, une armoire pleine. Elle réalisa avec un certain effroi qu'il y avait un petit lit, très bas, qu'on aurait plutôt attendu dans un monastère, juste dans le coin derrière la porte. Sans doute la vieille dame y était-elle morte. Un frisson parcourait le dos de la jeune fille tandis qu'elle observait la couverture brune disposée à même le matelas.

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C'était très bizarre. Tout était trop bien ajusté, pas comme pour dormir dedans. Quelqu'un avait fait le lit après, avait lissé les plis sur la couverture, s'était occupé de cette tâche avec soin. Céline était fascinée par cette découverte. Pour la première fois elle entrevoyait l'existence de rituels autour du décès.