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13 novembre 2007
entonnoir

Christine ne pouvait pas résister à ce genre de question. Elle avait scruté les vitrines d'un oeil expert.
—Mettez-moi cette part de tarte, là.
Et il fallait que ça lui retombe dessus, alors qu'elle s'était imaginé, à force, être sortie de quelque part...
En sortant du travail, ce soir, elle n'avait pas pris la peine de réfléchir, et presque sans s'en être rendue compte, elle avait dévalisé la petite boulangerie du quartier. Personne à la maison depuis deux jours; sans doute était-ce simplement un peu d'ennui qui la tracassait. Elle fronça les sourcils sur son éclair, en se disant que, tout de même, ils auraient pu appeler. Pour donner des nouvelles, dire que tout va bien...que sais-je?
Dire qu'elle avait convaincu Gédéon, à grands coups de menaces, de prières, d'emmener sa fille à Poitiers. Après tout, c'était l'unique occasion pour elle d'entrevoir quelques détails de ce passé, enfoui en même temps que ses rares témoins. Christine savait pertinemment que Gédéon ne parlerait jamais de lui-même. Elle avait presque été surprise qu'il cède. Peut-être ne le connaissait-elle pas aussi bien qu'elle se l'imaginait? Elle soupira. Rien de tel qu'une débauche de pâtisseries pour réfléchir un peu.
21:10 Publié dans Gédéon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, litterature, roman