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15 octobre 2007

houle

    En rentrant chez elle ce soir-là, Christine trouva sa fille dans le salon, occupée à feuilleter un catalogue. Dans la cuisine, Gédéon rongeait un morceau de pain histoire de patienter jusqu'au repas. Elle monta directement dans la salle de bain. Avant toute chose, en rentrant le soir, elle se démaquillait. Toute la journée elle devait supporter et entretenir cette composition de fards qui lui faisaient la peau bien lisse. Au fil des heures, il lui semblait que le maquillage se chargeait de poussières, absorbait les odeurs, les parfums, toutes les particules au contact desquelles elle finissait par se sentir sale. Les clients de l'agence de voyage où elle travaillait étaient rarement désagréables mais chacun d'entre eux laissait comme une infime signature de son passage sur elle, qui un postillon, qui une odeur de tabac... À la fin, imprégnée de ces foules, elle se sentait prise au piège, asphyxiée.

 

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    Souvent elle évoquait avec plaisir ses débuts, l'élaboration de ces ornements qu'elle portait comme un uniforme, qui lui donnait une allure si professionnelle. Aujourd'hui, comme tout s'use,  seule demeurait la trame d'origine, le reste n'était que rapiéçage. d'ici quelques années on lui confierait enfin la gestion de l'agence, elle laisserait avec plaisir sa place à la peau moins flasque d'une jeune diplômée. À son miroir elle s'absorbait dans la contemplation de ses yeux, dans le vert desquels elle retrouvait un peu de ce qui avait été rêvé.