« Platine | Page d'accueil | Esprit »
07 octobre 2007
Fontaine
Tous les jours c'était la même histoire. Dès qu'il sortait de chez lui, le chien des voisins se jetait sur le grillage pour aboyer. Gédéon avait toujours laissé courir. Il ne tenait pas à s'embarquer dans des querelles à n'en plus finir. Alors il endurait ce cirque tous les matins, doutant toujours un peu plus du bien fondé de son attitude. Peut-être était-il tout simplement un peu lâche, un peu feignant. Après tout, maintenant, tout le voisinage s'était habitué, il n'était de toute façon plus temps d'agir.
Il ferma la porte de sa maison qui ressemblait à toutes celles du quartier. Tout était identique, de la couleur du crépi à la taille du jardin. Un alignement parfait ; entre deux murs seule une bande de pelouse que tranchait en son milieu un grillage. Dans l'intervale les jappements heurtaient le béton; ça résonnait comme dans la tête d'un fou.

22:40 Publié dans Gédéon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, littérature