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18 septembre 2007

vague

    Au fond du cimetière, un grand tilleul surplombait le caveau où Gertrud entrait, auprès de ses parents. 
On avait prévu une cérémonie simple ; Philomène se tenant à côté de Gédéon, on venait les embrasser. Des cousins de la famille, d'anciennes amies _ principalement de vieilles filles la vacherie chevillée au corps _ défilaient lentement, la tête basse, puis se groupaient un peu à l'écart, prenaient des nouvelles, renouaient des contacts.
De tout ce monde, pas un n'avait visité Gertrud depuis un quart de siècle au moins. Ils l'avaient laissée sombrer seule avec pour garde-malade sa Philomène, sans doute l'unique personne à l'avoir jamais aimée.
 
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L'air était doux dans l'ombre dense de cet arbre. Sous les pieds, le gravier blanc crissait gentiment. N'était cet environnement macabre, on se serait attardé avec plaisir jusqu'au soir, un verre à la main, en cet agréable séjour. Parfois l'espace d'un instant, on se prend à envier le sort de tel ou tel cadavre. 

 

À la vue du cercueil, l'humeur de Gédéon s'adoucissait. Il se demandait maintenant s'il n'aurait pas aimé contempler le visage de sa mère une dernière fois, trop tard.

La présence de toutes ces personnes l'incommodait. Toutes ces femmes vieillissantes, avec leur manie de se rassurer lorsque la mort en touche une autre... Elles avaient bien dû le voir, elles, ce visage, et l'étudier encore! Pour voir s'il avait bien marqué les années, s'il n'était pas demeuré trop beau...

Après tout, c'était pour Gertrud qu'elles étaient venues, ce qui prouvait qu'au moins elles en gardaient la mémoire. C'est la pensée que lui suggérèrent les larmes de l'une d'entre elles.