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06 septembre 2007

Genèse II

 Ils étaient si las!

Quelques semaines leur avaient suffi pour souffrir les vertiges du désoeuvrement le plus accompli.

De dîners en soirées, ils traînaient les pieds au bout d'une dizaine de jours. Ils ne savaient plus qu'inventer pour se distraire un peu

en attendant leur retour à Paris.

En attendant, les regards convergeaient vers le couple ;  Amilcar dansait divinement, tandis que Gertrude embellissait, s'épanouissait de jour en jour.  Quelle chance ils avaient, quelle joie de vivre extraordinaire dans ces regards!

 ils tournaient en rond. Amilcar s'était fait offrir deux autos de sport, il partait avec la première à Montecarlo un jour et prenait la seconde pour descendre jusqu'en Carmargue le lendemain. 

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Les paysages se succédaient, tous plus marins les uns que les autres. Les platitudes désolantes leur pesaient.
 
 

 Enfin, Gertrude, exténuée d'ennui, parvenait à peine à se lever. Elle se prélassait des jours entiers dans sa chambre, poussait le vice jusqu'à passer toute une journée sans s'habiller. En réalité, depuis peu elle avait remarqué que plusieurs de ses robes la boudinaient...

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—Rentrons à Paris dès demain, veux-tu? lui demanda-t-elle un soir.
J'irai flâner dans quelque boutique, j'ai besoin de nouvelles tenues.
—Huh?
—S'il te plaît.
—Quelle idée saugrenue! L'ennui te suggère de ces lubies!
Soit! rentrons, après tout. Et je vais même te dire mieux, c'est moi qui te ramène. 
 
 L'on chargea deux ou trois malles dans la Jaguar le lendemain matin. 
Amilcar sentait un vent de liberté souffler sur ce mois d'Août.
 
Gertrude regardait passer les arbres au bord des routes et goûtait particulièrement les variations de tons sur un horizon escarpé.